L’accès aux soins est plus facile dans le Grand Est qu’en moyenne métropolitaine
Santé. Plus de 25% des habitants ruraux du Grand Est sont éloignés d’un praticien, près de 50% en zones d’habitat dispersées et plus de 80% en zones très dispersées. Pour autant, la région est relativement loin de figurer au rang des territoires médicalement désertés.
Près de 300 hôpitaux sont implantés dans le Grand Est, soit une moyenne de 5 pour 100 000 habitants, contre 4 au niveau national. Sur ce thème, la région occupe la deuxième position, derrière la Corse. 4 900 médecins généralistes, 9 pour 10 000 habitants sont comptabilisés en 2023. Il s’agit du troisième rapport métropolitain, derrière la Provence-Alpes-Côte-d’Azur et l’Aquitaine. La région est moins bien dotée en infirmiers, kinésithérapeutes et médecins spécialistes.
Dans le Grand Est, la population considérée comme éloignée d’un professionnel de santé correspond aux 10% des habitants ayant le temps de trajet en voiture le plus long entre le domicile et le lieu de consultation. On obtient ainsi une durée-seuil qui diffère selon l’équipement de santé étudié : au-delà de 7 minutes pour les médecins généralistes ou les praticiens de premier contact (généralistes, infirmiers, sages-femmes, dentistes, kinésithérapeutes), 21 minutes pour les hôpitaux et 25 minutes pour les spécialistes. En France métropolitaine les temps de trajet les plus longs touchent 12% de la population.
26% des ruraux éloignés d’un praticien
En règle générale, les habitants les plus éloignés vivent en zones rurales, avec un écart plus marqué pour l’accès aux professions de premier contact. 26% des ruraux sont éloignés d’un praticien, 46% dans les zones dispersées et 83% dans les zones à habitat très dispersé. À l’échelle nationale, ces éloignements sont plus prononcés. 10% de la population du Grand Est vivent à plus de 21 minutes d’un hôpital, là encore une situation plus favorable qu’à l’échelon hexagonal (12%). Qu’il s’agisse de médecins, généralistes ou spécialistes, de praticiens de premier contact ou d’hôpitaux, l’accessibilité est meilleure que celle de la moyenne nationale.
À la proximité géographique des praticiens s’ajoute l’accessibilité (volume d’activité, intensité de la demande dans la zone considérée, temps d’attente). Un habitant du Grand Est peut accéder à 4 consultations par an chez un généraliste, contre 3,8 en moyenne nationale. La comparaison tient, avec plus ou moins d’écart, en faveur du Grand Est pour l’offre de soins des dentistes et des sages-femmes. L’accessibilité aux autres professionnels de santé est plus restreinte dans le Grand Est. C’est le cas pour les infirmiers et les kinésithérapeutes, deux professions largement représentées dans les régions Corse et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Trois communes sur dix en difficulté d’accessibilité
Au final, l’INSEE note dans son étude : « En 2023, dans trois communes du Grand Est sur dix, les habitants ont des difficultés d’accessibilité à au moins trois types de professions : 476 000 personnes sont concernées, soit 8,6% de la population de la région. La plupart de ces territoires sont regroupés à l’ouest du Grand Est, en particulier dans la Marne, la Haute-Marne et en Meurthe-et-Moselle ». 322 communes, sur les 5 115 du Grand Est, cumulent des difficultés pour consulter tous les professionnels de premier contact. Ces communes regroupent 1,6% de la population régionale. Les plus éloignées des services de santé, elles peuvent être considérées comme les plus vulnérables.
Source : INSEE, Analyse Grand Est, 2025