Collectivités

Haricot de Soissons, une IGP pour changer d’échelle ?

Agriculture. Près de 50 000 visiteurs sont attendus ce week-end à la Fête du haricot. Derrière la notoriété du plus gros haricot de France, labellisé IGP depuis 2023, se cache pourtant une filière minuscule. Une vingtaine de producteurs, une dizaine d’hectares et une coopérative aux marges quasi nulles.

Lecture 2 min
(Crédits:DR)

Une production confidentielle

Du 25 au 27 septembre, Soissons célèbre son haricot, entre concerts, concours d’écossage et défilés. Le produit revient de loin. Menacé de disparition à la fin des années 1990, faute de valorisation et face à des importations usurpant le nom de Soissons, il a été sauvé par la création d’une confrérie en 1997, d’une association de producteurs en 2001 puis d’une coopérative en 2003, installée à Vaudesson.

Déposé à l’INAO en juin 2020, le dossier d’indication géographique protégée a abouti le 2 juin 2023. L’aire de l’IGP couvre 544 communes, le long des vallées de l’Aisne, de l’Ailette, de la Marne et de la Serre.

Mais les volumes restent modestes. Selon l’INAO, la filière comptait en 2021 dix-neuf producteurs, dont dix-sept adhérents de la coopérative et deux indépendants, pour 11 hectares cultivés. Le rendement de référence, mesuré en 2019, oscille entre 2 et 2,5 tonnes par hectare.

La valeur se joue dans le bocal

Les comptes de la coopérative traduisent cette fragilité. Sur l’exercice clos en 2024, elle affichait 160 800 euros de chiffre d’affaires pour une perte de 5 106 euros. Le dernier exercice publié, en 2025, se solde par un bénéfice de 1 600 euros.

Pour dégager de la marge, la coopérative semble vouloir miser sur la transformation. Au-delà du grain sec, elle commercialise des haricots cuisinés, vendus principalement dans les épiceries fines, les grandes surfaces et chez les grossistes, mais aussi en magasins de producteurs, en vente directe et dans les salons gastronomiques.

Les prix de détail témoignent d’un positionnement haut de gamme. Chez le revendeur en ligne Bien Manger, le bocal de 330 grammes cuisiné au naturel s’affiche à 8,10 euros, soit 24,55 euros le kilo, celui de 660 grammes à 11,80 euros. À La Grande Épicerie de Paris, le pot de 660 grammes à la graisse d’oie se vend 11,50 euros.

L’IGP attirera-t-elle assez de nouveaux producteurs pour que les niveaux de production suivent enfin le niveau de la renommée ? Affaires à suivre.