Grand Est, une densité de médecins légèrement sous la moyenne métropolitaine
Santé. L’état des lieux et l’évolution depuis 2010 de la démographie médicale en France font l’objet de l’édition 2026 de l’Atlas réalisé par le Conseil National de l’Ordre des Médecins, une somme qui apporte certains éclairages sur l’existence, ou pas, de déserts médicaux hexagonaux.
Au 1er janvier 2026, la France compte près de 246 000 médecins actifs, exerçant à temps plein ou par intermittence, libéraux, salariés ou mixtes. Le nombre de ces médecins a augmenté de près de 2% en 2025 et de 14% dans les dix dernières années. Le Grand Est, sixième région pour sa population, occupe également la sixième place pour son nombre de médecins actifs (18 868), mais seulement la huitième place pour la densité des exerçants (3,4 médecins pour 1 000 habitants). La région est légèrement sous la moyenne nationale (3,6 médecins), mais dispose d’une densité supérieure à celle des régions voisines, Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté.
La bonne densité des médecins dans la Marne
La Marne occupe une place singulière dans la démographie médicale régionale. Le département affiche tout normalement la cinquième place quant à la répartition des effectifs : 2 285 médecins en activité et 12% des praticiens régionaux. La singularité vient d’une densité (4,1 pour 1 000 habitants), la 3e du Grand Est, largement supérieure à celle de la France métropolitaine. Autre singularité de la Marne, le département affiche un vrai paradoxe : une population en baisse (0,2% en quinze ans) et une augmentation de 18% des effectifs de médecins en activité sur son territoire. Il s’agit d’un cas unique dans le Grand Est et présent dans une douzaine de départements métropolitains.
Deuxième éclairage, la géolocalisation. Globalement, les régions les plus peuplées comptent les plus importantes proportions de médecins en activité. Le constat vaut pour les départements. Ainsi, plus de 20% des médecins actifs exercent en Île-de-France, 12,5% en Auvergne-Rhône-Alpes et plus de 9% dans les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. La géographie créée cependant des exceptions, portées par les territoires littoraux et frontaliers de l’Hexagone ainsi qu’en matière de densité en Outre-Mer. Le cas le plus emblématique est celui de la région, littorale et également frontalière, Provence-Alpes-Côte d’Azur, 5,2 millions d’habitants, avec une densité de 4,3 médecins pour 1 000 habitants, la plus forte de France métropolitaine (3,6 médecins), devant l’Ile-de-France et sa population de 12,4 millions d’habitants.
Plus de jeunes et plus de femmes chez les médecins
Troisième éclairage, quinze ans d’évolution du portrait type du médecin actif. En France métropolitaine, on constate un léger rajeunissement, 49,9 ans contre 50,4 ans. Sur ce critère, la Marne se distingue à nouveau. L’âge moyen y est de 47,3 ans en 2026 et révèle le département le plus jeune du Grand Est, devant la Meurthe-et-Moselle et le Bas-Rhin. En quinze ans, les médecins en exercice ont rajeuni de près de deux ans dans ce département, deux fois plus que dans le Bas-Rhin. Dans la Marne, la population des médecins de moins de quarante ans, 38% du total, a progressé de 108%. Le département est en ce sens l’un des dix plus jeunes de France, avec un rajeunissement pratiquement quatre fois supérieur à celui du niveau national.
Au bilan 2025, le taux de féminisation des actifs réguliers de la profession au niveau national atteint 50,5 %, soit une progression de dix points en quinze ans. En 2010, un seul département du Grand Est, la Meurthe-et-Moselle, dépassait la moyenne métropolitaine, 44% contre 40%. Avec ce département les plus forts taux appartenaient à la Marne (39%) et le Bas-Rhin (38,7%). Au 1er janvier 2026, la profession s’est fortement féminisée dans la région avec, aux côtés de la Meurthe-et-Moselle et du Bas-Rhin, le Haut-Rhin (52,9%), la Marne et le Vosges, au-dessus de 51%.
Source : Atlas de la démographie médicale en France / Conseil National de l’Ordre des Médecins