Grand Est : des naissances en baisse de 25% et des décès en hausse de 14%
Région. Dans les trois dernières années, le Grand Est connaît une baisse de 0,3% de sa population, soit 18 657 habitants de moins, avec un solde naturel négatif de 9 350 et un solde migratoire négatif de 9 307. La région figure au rang des trois plus fortes baisses du solde naturel. Tous soldes confondus, elle figure parmi les cinq régions métropolitaines, sur treize, en stagnation ou en baisse démographique.
Au 1er janvier 2026, l’INSEE estime la population régionale 2025 à 5 544 721 habitants, contre 5 563 378 recensés officiellement au 1er janvier 2023, soit une baisse de 0,3% sur trois ans, équivalent à une perte de plus de 18 500 habitants. 6e région métropolitaine la plus peuplée, devant la Provence-Alpes-Côte d’Azur (5,318) et derrière les Hauts-de-France (5,965) le Grand Est pèse 8,0% de la population nationale et 8,3% de la population métropolitaine. Sur les 13 régions métropolitaines, cinq régions affichent, entre 2017 et 2023, une évolution démographique en stagnation ou en baisse : les Hauts-de-France, le Grand Est, la Normandie, le Centre-Val de Loire et la Bourgogne-Franche-Comté. Entre 2017 et 2023, l’évolution démographique moyenne annuelle de +0,04 du Grand Est, contre +0,2% au niveau national, suppose des contrastes départementaux. Quatre départements progressent : +0,56% pour le Bas-Rhin, +0,15% pour le Haut-Rhin, +0,12% pour la Moselle et +0,02% pour l’Aube. Pour les cinq autres départements, les baisses vont de -0,03% pour la Meurthe-et-Moselle à -0,71% pour la Haute-Marne, en passant par -0,47% pour les Ardennes et les Vosges. La Marne affiche une baisse moyenne annuelle de 0,17%.
Un solde naturel qui passe de + 13 000 à -9 300 habitants
Le bilan 2024 du Grand Est affiche deux soldes, le naturel (naissances moins décès) et le migratoire (entrées sur le territoire moins sorties) en stagnation. Pour la première fois depuis 80 ans, la France compte au 1er janvier 2026 plus de décès (651 000) que de naissances (645 000). Au niveau de certaines régions, ce déficit naturel n’est pas nouveau. Loin de là, puisqu’en 2024, seules deux régions sur les treize métropolitaines, l’Ile-de-France (+73 000) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (+5 250) présentent un solde naturel positif. Au rang des soldes naturels négatifs, le Grand Est (-9 350) occupe la 3e position des régions métropolitaines les plus affectées, derrière la Nouvelle-Aquitaine (-21 400) et l’Occitanie (-12 660). Toujours en 2024, le Grand Est compte 46 695 naissances, soit une baisse de 25% en dix ans. Cette baisse est la 3e de la France métropolitaine, derrière la Bourgogne-Franche-Comté (-26,1%) et les Hauts-de-France (-25,3%). Par comparaison, l’Ile-de-France (-16,5%) et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (-16,8%) affichent les baisses moindres de l’Hexagone. Si les naissances baissent dans toutes les régions métropolitaines, les décès augmentent partout, avec des ampleurs contrastées par départements entre 2014 et 2024. Le Grand Est (+14,5%) occupe dans ce classement la 6e place, derrière les Pays-de-la-Loire (+19,9%), l’Occitanie (+17,9%), la Bretagne (+17,8%), la Nouvelle-Aquitaine (+16,6%) et la Normandie (+15,4%). En dix ans, on passe d’une majorité de soldes naturels positifs (11 régions sur 13) à une majorité de soldes négatifs (10 régions sur 13). Véritables berceaux de la France métropolitaine, l’Ile-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes sont les deux régions a enregistré des soldes naturels positifs, en 2014 comme en 2024. Le Grand Est subit l’un des plus gros retournement de tendance : +13 363 en 2014 et – 9 351 en 2024.
Un effondrement du taux de natalité
Entre les périodes 1968/1976 et 2017/2023, le Grand Est connaît un effondrement de son taux de natalité, passant de 17,7 naissances pour 1 000 habitants à 10 naissances. La Marne reste sur ces deux périodes le département au plus fort taux de natalité (19,2 pour la première période et 10,7 pour la seconde). Le Haut-Rhin enregistre le plus faible taux de la région (16,6), devant l’Aube (16,9). Le taux de natalité du Grand Est en 2023 est de 10 pour 1 000, quasi équivalent à celui du niveau national (9,9). La baisse du taux de natalité sur ces deux périodes est plus forte en Haute-Marne (-9,6), dans les Vosges (-8,6) et dans la Marne (-8,5). La Marne est un département relativement jeune avec 28,8% pour la tranche d’âge de 0 à 24 ans, au-dessus de la moyenne régionale (27,2%) et derrière la Meurthe-et-Moselle (29%). Parmi les plus de 75 ans, la région en compte 11%, avec des écarts allant de 9,9% pour le Bas-Rhin à 13,9% pour la Haute-Marne. Dans cette catégorie, la Marne (11,2%) se situe légèrement au-dessus de la moyenne régionale. Conséquence, l’indice de vieillissement, nombre des 65 ans et plus divisé par le nombre des moins de 25 ans, est plus faible pour le Bas-Rhin (85,7%) et la Marne (87,6%). Comme en moyenne nationale, cet indice augmente dans le Grand Est dans les dix dernières années en augmentant de 23,6%, avec des pointes à plus de 30% pour la Haute-Marne, la Meuse, ou les Vosges et des progressions moindres, comme pour l’Aube (+18,1%) ou pour la Meurthe-et-Moselle (+19,7%).
Source : INSEE, Statistiques locales janvier 2026.