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Double initiative en faveur des femmes à l’hôpital de Troyes

Santé. À Troyes, le ministre de la Santé a lancé la future Maison des femmes et visité le centre expérimental d’IVG instrumentales réalisées par des sages-femmes.

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Photo du lancement de la maison des femmes
L’accompagnement des femmes, une préoccupation notamment partagée par la Ville de Troyes et le Centre hospitalier, saluée par Yannick Neuder. (Crédits : GD)

Ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, Yannick Neuder a profité de la Journée de la femme pour lancer les travaux de la future Maison des femmes, aménagée dans un bâtiment de l’hôpital de Troyes. « Elle répond au besoin de mise à l’abri des femmes, de traiter la dimension psychologique et sanitaire et d’autoriser le dépôt de plainte ». Initiée par la Ville de Troyesdans son projet Troyes 2030, relayée par le centre hospitalier, la Maison des femmes se veut un lieu sécurisant pour les victimes de violences intrafamiliales.

Elle permet, sur un même site, la coordination du parcours d’accès aux soins des femmes et de leurs enfants via tous les services hospitaliers, un soutien psychologique et un accompagnement judiciaire avec la police, des juristes et des avocats. Rappelant que dans l’Aube, le taux de violence faite aux femmes est supérieur aux moyennes nationales et régionales, François Baroin, maire de Troyes et président du conseil d’administration de l’hôpital, a pris les devants. « Je n’ai pas voulu attendre 2030. C’est une politique prioritaire d’action qui, dans toutes ces dimensions, fait qu’à la fin de ce mandat, les femmes à Troyes, seront mieux accompagnées, mieux protégées ». Les travaux, chiffrés à 573 000 €, débuteront début avril pour une ouverture de la Maison des femmes fin 2025.

L’IVG Instrumentale Par Les Sages-femmes

photo de Yannick Neuder, Pascal Courtade, François Baroin et Valérie Bazin-Malgras
Yannick Neuder, ministre de la Santé à Troyes avec Pascal Courtade, préfet, François Baroin, maire de Troyes, Valérie Bazin-Malgras, députée. (Crédits : DR)

Après une visite du centre d’orthogénie, Yannick Neuder a échangé avec les professionnels de santé. Celui qui a voté le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) lorsqu’il était parlementaire, s’assure désormais de l’accès à l’IVG pour les femmes sur l’ensemble du territoire.

Centre d’expérimentation nationale pour l’IVG instrumentale réalisée par les sages-femmes, Troyes fait partie des 27 centres de référence en France. « Il est important pour les sages-femmes de leur reconnaître ce rôle. Nous avons une équipe fortement impliquée et formée, qui va permettre à toutes les sages-femmes de France, moyennant des formations, de permettre l’accès aux femmes à l’IVG instrumentale dans tous les centres de santé. C’est une façon aussi de m’assurer, par le lancement d’une enquête nationale, que les délais de prise en charge pour un droit à l’IVG sont bien respectés ». Un moyen également de veiller au respect de la simplification administrative des prises en charge de l’acte à 100 %.

À l’hôpital de Troyes, depuis 2022, les deux sages-femmes participant à l’expérimentation, ont déjà réalisé une centaine d’actes au sein du bloc opératoire avec le soutien des gynécologues obstétriciens. En 2024, les hôpitaux Sud Champagne ont pratiqué 814 IVG, soit 96 % des IVG du territoire. Le centre d’orthogénie sera réhabilité prochainement dans le cadre du fonds Ségur et d’un appel à projets du Grand Est en faveur de la santé des femmes. Unique sur le territoire, le service assure l’ensemble des consultations pré et post-IVG et réalise les IVG instrumentales et renforce le maillage territorial par des conventions avec des praticiens libéraux pour les IVG médicamenteuses.

Médecin hospitalier et élu local pendant 25 ans, Yannick Neuder sait de quoi il parle quand il annonce sa volonté d’être le ministre de la Santé et des soignants. « Je veux restaurer la confiance et la stabilité pour que les sujets avancent ». Le ministre a salué l’engagement des acteurs et notamment des collectivités, soulignant que la santé est aussi un vecteur d’attractivité territoriale. « Personne ne veut habiter dans un lieu où l’on ne peut pas se soigner ».