Dernier toilettage du budget primitif 2026 pour le Conseil Départemental de la Marne
Finances. Une semaine avant les Assises de Départements de France, le Conseil Départemental de la Marne a procédé a une deuxième décision modificative de son budget primitif 2026. Au total, la confirmation d’une situation tendue : des recettes en berne, des dépenses contraintes en hausse et un nouvel emprunt qui porte à plus de 10 ans la capacité de désendettement de la Marne. C’est deux fois plus qu’en moyenne nationale.
Une décision modificative (DM) qui traduit la volonté du Département de préserver ses priorités tout en maintenant une gestion rigoureuse des équilibres financiers. C’est ainsi que le Président Jean-Marc Roze présente la seconde DM du Budget Primitif 2026 du Département de la Marne. Pour rappel, la DM est un ajustement du Budget Primitif (BP), voté par les élus et modifiant quelque peu les précédentes dispositions. La DM peut autoriser des dépenses imprévues ou insuffisamment évaluées, elle peut également supprimer des crédits de dépenses ou modifier leur répartition.
Au-delà de la présentation de l’exercice, c’est le contexte du projet de loi de finances 2027 du Gouvernement qui a irrité le Président du Conseil Départemental : « Alors que l’Etat doit reconnaître les difficultés des Départements, il vient d’annoncer un prélèvement de 555 M€ non remboursable pour 60 % d’entre eux… Le Gouvernement actuel a imposé une diète de 3,5 milliards d’euros en trois ans et continue sa purge. Nous allons droit dans le mur ! »
Un budget de l’État au détriment des collectivités
Remarquant qu’on ne peut pas faire toujours plus avec toujours moins, Jean-Marc Roze fustige une autre proposition du Gouvernement : « De même et alors que nous vivons un ralentissement historique de l’investissement des collectivités, baisser le remboursement de la TVA de 16,5 à 11 % est un coup très dur qui ne sera pas sans conséquence sur nos capacités d’investissement, donc sur les travaux, donc sur l’emploi ».
Le Président explique : le prélèvement de 555 M€ de l’Etat sur les Départements et la disparition du fonds de sauvegarde de 600 M€ représentent pour le Département de la Marne un déficit de 12 M€. Une goutte d’eau, suggère Jean-Marc Roze, pour un Etat qui s’endette selon lui de 135 milliards d’euros par an. Une introduction à une séance plénière, comme un tour de chauffe avant les Assises des Départements de France, à Reims, la semaine suivante.
Des besoins pour les solidarités en hausse continue
Dans les grandes lignes de cette DM et à la section financement figurent en dépenses nouvelles : 6,5 M€ au titre de la solidarité départementale (aide sociale à l’enfance, hébergement en foyer et insertion, RSA…) et 1,5 M€ au titre de l’attractivité du territoire (subvention Vatry). Sont affichés en baisse : 0,8 M€ de dotations aux collèges et 1,4 M€ au chapitre des moyens généraux. Du côté des nouvelles recettes, la DM2 accueille 4,5 M€ au titre des solidarités et 0,5 M€ entre éducation, jeunesse et moyens généraux.
Pour la section investissement, les dépenses baissent de près de 1 M€, le total des inscriptions du BP 2026 reste stable à hauteur de 86 M€. Les recettes baissent de 0,2 M€ et la DM2 porte à près de 22 M€ supplémentaires le BP. L’emprunt prévisionnel est ramené à 10,3 M€. Notant la baisse notable des recettes, Jean-Pierre Fortuné, Vice-président délégué aux finances et rapporteur de cette DM2, n’a pu taire sa circonspection, tout en invoquant Kafka : « On va faire comment pour le budget 2027 ? »
Bientôt des nouvelles de Vatry ?
En l’absence du barde des finances (Charles de Courson), des voix d’opposition suggèrent une hiérarchisation des dépenses (Rudy Namur) ou un repli sur les compétences propres (Stéphane Lang). Préférant la réponse aux besoins des Marnais plutôt que l’obsession des équilibres budgétaires, Rudy Namur s’abstient lors du vote, tout comme Stéphane Lang qui pointe la nouvelle subvention de 1,5 M€ en faveur de Vatry. À propos de l’aéroport marnais, le Président Roze en profite pour annoncer un « tout sur Vatry », lors d’une commission permanente, organisée le 4 décembre prochain. Donc, réunion à huis clos.
Parmi les rapports abordés lors de cette session du 9 octobre, les dotations pour le fonctionnement des collèges s’élèvent à 7,4 M€. Cette enveloppe, vraisemblablement reflet de la fréquentation de ces établissements, est en baisse, comparativement aux 11,2 M€ en 2023 et 8,3 M€ de 2025. Les chiffres de l’Education Nationale reflètent cette tendance. À la rentrée scolaire 2026-2027, les 46 collèges marnais ont accueilli 21 407 élèves, soit 458 de moins (-2,1 %) sur un an. Les bassins de vie les plus touchés par les baisses d’effectifs sont ceux de Vitry-le-François (-3,7 %) et Epernay (-2,9 %).