Dans un Grand Est en stagnation démographique, Reims perd près de 5 000 habitants en six ans
Grand Est. D’un recensement à l’autre, entre 2017 et 2023, le Grand Est accuse une quasi-stagnation de sa population, comme quatre autres régions métropolitaines. Cette situation démographique résulte d’un solde migratoire positif et d’un solde naturel déficitaire. Au rang des grandes villes de la région, Reims accuse, dernière Mulhouse, le 2e solde migratoire déficitaire le plus important.
Au 1er janvier 2023, la population régionale, 5 563 378 habitants, représente 8,2% de l’ensemble des résident du territoire national. Le Grand Est est la sixième région la plus peuplée de France, derrière l’Ile-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et les Hautes-de-France. Depuis 2012, la population de la région est stable. Depuis 2017, elle est en légère baisse, avec un solde migratoire, entrées moins sorties, excédentaire de 0,1% par an et qui prend le relais du solde naturel, naissances moins décès, en léger déficit. Entre 2017 et 2023, quatre départements affichent une croissance démographique, solde naturel et solde migratoire conjugués, en moyenne annuelle de +0,56% pour le Bas-Rhin, +0,15% pour le Haut-Rhin, +0,12% pour la Moselle et +0,02% pour l’Aube. Les six autres départements accusent des baisses de -0,71% pour la Haute-Marne, -0,62% pour la Meuse, -0,48% pour les Vosges, -0,47% pour les Ardennes, -0,17% pour la Marne et -0,03% pour la Meurthe-et-Moselle.
La région affiche un solde migratoire excédentaire
Entre 2012 et 2017, le Grand Est affichent plus de sorties que d’entrées sur son territoire, entre 2017 et 2023, c’est l’inverse : le solde migratoire annuel passe de -0,2% à +0,1%, d’un déficit à un excédent, évalué à 4 200 habitants chaque année et qui contraste fortement avec le déficit annuel précédent de 10 600 personnes. Globalement, le Grand Est, en quasi-stagnation, évolue aujourd’hui entre un déficit naturel de 0,1% et un excédent migratoire de 0,1%, par an. Le Grand Est connaît un renversement de tendances entre les deux périodes. La Région passe d’une croissance naturelle annuelle de 10 700 personnes entre 2012 et 2017, à un déficit naturel de 2 000 personnes par an entre 2017 et 2023. Ainsi dans cette période la plus récente, la fécondité recule et la mortalité augmente (54 000 naissances par an pour 56 000 décès). Au niveau national, dans les deux périodes examinées par l’INSEE, la population croît de 0,4% par an (+0,15% pour le solde naturel et +0,24% pour le solde migratoire).
Au 1er janvier 2023, le Grand Est fait partie des cinq Régions en stagnation ou recul démographique, aux côtés des Hautes-de-France, de la Bourgogne-Franche-Comté, de la Normandie et du Centre-Val de Loire.
Reims, 2e déficit migratoire du dernier recensement
Quelles évolutions d’un recensement (2017) à l’autre (2023) ? La région Grand Est persiste dans sa stagnation démographique, avec un solde naturel quasi neutre et un solde migratoire en léger progrès. Les soldes annuels restent les mêmes, en stagnation ou en recul, pour la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse et les Vosges. Ils se dégradent pour l’Aube (de +0,3% à +0,0%), pour la Marne (de +0,0% à -0,2%) et pour le Haut-Rhin (de +0,2% à +0,1%). Ils s’améliorent pour les Ardennes (de -0,7% à -0,5%) et le Bas-Rhin (de +0,4% à +0,6%). Au rang des plus grandes communes du Grand Est, Reims, 182 460 habitants en 2017 et 177 670 habitants en 2023, perd 2,7% de sa population en six ans, soit 4 800 habitants. Chaque année, la deuxième ville du Grand Est, derrière Strasbourg, cède 0,4% de sa population (+0,4% en solde naturel et -0,9% en solde migratoire). Derrière Mulhouse (-1,2% par an), la ville de Reims accuse le 2e solde migratoire négatif du Grand Est au rang des 15 communes les plus peuplées. En raccourci, entre 2017 et 2023, plus d’entrants à Metz (+0,6%) et Strasbourg (+0,2%) et plus de sortants à Mulhouse et à Reims.
Si le Grand Est gagne globalement en attractivité, force est de reconnaître que cet essor ne vient pas du territoire champardennais. Dans son zoom sur les 15 communes les plus peuplées de la région et leur évolution démographique en moyenne annuelle entre 2017 et 2023, l’INSEE pointe trois baisses : Reims (-0,4%), Charleville-Mézières (-0,3%) et Châlons-en-Champagne (-0,7%) et l’exception de Troyes (+0,1%). Les quatre grandes villes de Champagne-Ardenne accusent des soldes migratoires négatifs : -0,9% pour Reims, -0,7% pour Châlons-en-Champagne, -0,2% pour Charleville-Mézières et -0,1% pour Troyes.
Source : INSEE