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Dans le Grand Est, près de 60% des seniors de 55 à 64 ans sont en activité

Emploi. Au terme de son enquête « Plus d’un senior sur deux occupe un emploi », l’INSEE révèle que d’ici à 2050 la hausse d’activité des seniors va s’avérer insuffisante pour compenser la baisse envisagée de la population active du Grand Est.

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Dans le Grand Est, les trois quarts des cadres et des agriculteurs de 55 à 64 ans travaillent. Ils sont 70% chez les artisans et les commerçants. (Crédits : Shutterstock)

Le Grand Est compte 750 000 seniors de 55 à 64 ans, soit 22 % de la population en âge de travailler, une proportion qui progresse de 7 % entre 2010 et 2022. Les seniors en activité sont 435 000, soit 58 % de leur classe d’âge. Il s’agit d’une proportion légèrement inférieure à celle du niveau national. À 65 ans, l’activité des seniors est moins fréquente (12 %). À 70 ans, elle devient relativement faible (3 %).

Le taux de chômage régional des seniors s’établit à 10 %. Il est similaire à celui des 30-49 ans. Il atteint 14 % à l’âge de 61 ans. Si les seniors ne sont pas davantage exposés au chômage, leur retour à l’emploi est toutefois plus difficile : 65 % d’entre eux le sont depuis plus d’un an, contre 44 % pour les 30-49 ans.

Le taux d’emploi (nombre de personnes en emploi comparé à celui de la population totale en âge de travailler) des seniors dans le Grand Est est de 53 %, deux points au-dessus de la moyenne métropolitaine. Cette différence s’explique principalement par une proportion de retraités plus élevée dans la région.

22 % de femmes ni en emploi ni en retraite

Les femmes sont davantage exposées à des périodes sans emploi avant la retraite : 22 % d’entre elles ne sont ni en emploi ni en retraite entre 55 et 64 ans, contre 13 % pour les hommes. Cette part atteint les 27 % entre 58 et 61 ans, soit dix points de plus que les hommes. Ces différences s’expliquent notamment par un départ à la retraite plus tardif chez les femmes : un pic de départs à 60 ans chez les hommes et à 62 ans chez les femmes. À 61 ans, près de la moitié des hommes sont retraités contre seulement trois femmes sur dix.

Le taux d’emploi des seniors croît fortement avec le niveau de diplôme. Dans le Grand Est, 64 % des 55-64 ans disposent d’un diplôme égal ou supérieur au baccalauréat, 26 points de plus que pour les seniors sans diplôme. L’influence du diplôme sur le chômage est moins marquée chez les seniors que chez les 30-49 ans.

Dans le Grand Est, les trois quarts des cadres et des agriculteurs de 55 à 64 ans travaillent. Ils sont 70 % chez les artisans et les commerçants. À l’inverse, moins de la moitié des ouvriers ou employés seniors ont un emploi. Ce constat s’explique par des départs à la retraite plus précoces et par une exposition plus fréquente à des périodes sans emploi avant la retraite. Ainsi, 21 % des ouvriers et employés se trouvent dans cette situation, contre 10 % des professions intermédiaires, 6 % des cadres et seulement 3 % des agriculteurs. Par ailleurs, les seniors sont plus présents dans certaines professions : un tiers des agriculteurs en activité, un quart des artisans et commerçants, un cinquième des cadres, contre un sixième de l’ensemble des actifs occupés de la région.

Les conditions de fin de carrière varient fortement d’un département à l’autre de la région. Le taux d’emploi des 55-64 ans va de 56 % dans le Bas-Rhin à 48 % dans les Ardennes. Ce taux est de 51 % dans l’Aube, 54 % dans la Marne et 48 % en Haute-Marne. Il dépasse les 65 % à Paris et dans les départements limitrophes. La proportion des retraités diffère également : de 32 à 34 % dans les Vosges, la Meuse et la Haute-Marne à 28 % dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin.

La hausse d’activité des seniors insuffisante à l’horizon 2050

Selon l’étude de l’INSEE, dans sa prospective centrale prolongeant les tendances des années 2020, le taux d’activité des 55-64 ans du Grand Est atteindrait 81 % en 2050 et celui des 60-64 ans s’élèverait à 51 %. Le scénario central envisagé estime à 300 000 le nombre d’actifs disparus, soit une baisse de 12 %. Quel que soit le scénario, cette baisse représenterait la troisième plus forte de la France métropolitaine, derrière la Normandie et la Bourgogne-Franche-Comté.

D’ici à 2050, la population âgée de 55 ans et plus augmenterait de 30 000 personnes, une progression qui reposerait exclusivement sur l’augmentation des taux d’activité des seniors, face à une population des 50-64 ans en recul de 80 000 personnes. En résumé, une hausse insuffisante de l’activité des seniors pour compenser la baisse de la population active.