Boris Ravignon élu Président d’Intercommunalités de France
Nomination. Le 14 octobre à Dunkerque, en prélude à sa 36e convention qui a réuni 2 000 élus et cadres intercommunaux du territoire, l’actuel vice-président d’Intercommunalités de France, chargé des finances et de la fiscalité, a été élu président de cette association.
Il ne s’agissait plus vraiment d’un secret car les choses étaient déjà tracées depuis quelques semaines. Boris Ravignon, maire de Charleville-Mézières et président de la communauté d’agglomération Ardenne Métropole, a pris mercredi 14 octobre le poste laissé vacant par Sébastien Martin, président du Grand Chalon (71) et détenteur de cette responsabilité depuis 2020, avant de devenir ministre de l’Industrie en octobre 2025.
Têtes de la liste d’Union pluraliste, seule déclarée à ce scrutin, Boris Ravignon et Christophe Degruelle s’étaient déjà partagé les tâches : la présidence à l’élu ardennais et le poste de président délégué au second nommé, président depuis 2008 d’Agglopolys à Blois.
Défenseur de la décentralisation
Ce tandem avait même été préalablement désigné à l’unanimité par le conseil d’administration et le conseil d’orientation de l’association Intercommunalité France avec « la mission de constituer une liste d’union pluraliste en vue du renouvellement des instances ». Un autre élu ardennais, Miguel Leroy, maire d’Auvillers-les-Forges et président de la « comcom » Ardennes Thiérache, siégera au bureau de cet organisme.
Fédérant près de 1 260 intercommunalités (17 métropoles, 700 communautés de communes et plus de 200 agglomérations), ce réseau rassemble au total plus de 80 % de la population française regroupée en intercommunalités. L’association est leur porte-parole auprès des pouvoirs publics et veut être une force de propositions sur le fonctionnement des institutions territoriales et l’avenir de la décentralisation. Boris Ravignon a déjà fait savoir qu’il entendait aussi « combattre les économies budgétaires imposées par l’État ».
Diplômé de l’Essec (1998) puis énarque, Boris Ravignon a commencé sa carrière en tant qu’inspecteur général des finances avant de devenir en 2005 conseiller technique de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur puis à l’Elysée entre 2007 et 2012. Il travaille notamment sur le développement durable, les transports et l’aménagement du territoire et participe au Grenelle de l’environnement.
Actif sur le terrain, il devient vice-président du département des Ardennes de 2011 à 2015, maire de Charleville-Mézières et président d’Ardenne Métropole en 2014, 2020 (maire le mieux réélu de France avec 77,61 % des suffrages exprimés) et 2026, et vice-président de la Région, délégué au développement économique entre 2021 et 2022. En 2024, le Cercle des élus locaux, institut de formation des élus mais aussi laboratoire d’idées au service de l’intérêt général, l’inclut dans son « palmarès des 100 élus locaux à suivre en 2025 ».
Proche d’Édouard Philippe
D’année en année, cet hyper communicant gagne de la visibilité dans les médias nationaux. Choisi par Emmanuel Macron en 2023 pour prendre la tête de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (1 000 collaborateurs), Boris Ravignon occupe le poste de président titulaire puis par intérim durant 6 mois et 21 jours avant d’être retoqué par le Parlement sur fond de cumul des mandats.
En novembre de la même année, il est missionné avec Catherine Vautrin par Thomas Cazenave, ministre des Comptes Publics, et Dominique Faure, ministre des Collectivités territoriales, pour rédiger un rapport sur le « mille-feuille administratif ». En simplifiant l’organisation territoriale, cette étude évalue la possibilité de réaliser de coquettes économies, évaluées à 7,5 milliards d’euros par an. Soit les coûts liés à l’enchevêtrement des compétences entre l’Etat et les collectivités.
Issu de la droite, Boris Ravignon a rejoint le mouvement Horizons et s’est engagé à la fin du mois d’août aux côtés d’Édouard Philippe dans la course à la future présidentielle.