Bonne progression du Produit Intérieur Brut du Grand Est ces trois dernières années
Conjoncture. Avec près de 200 milliards d’euros en 2024, le PIB du Grand Est progresse bien depuis 2020 et même mieux qu’au niveau national. La Marne se distingue en occupant la septième place des départements français les plus productifs par habitant.
En 2022, le PIB, Produit Intérieur Brut, du Grand Est atteint 179 Md€, soit 6,9% de la valeur nationale. Le poids du PIB régional est inférieur au poids démographique (8,4%). C’est le cas des régions voisines, Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté. En comparaison, l’Ile-de-France, 30,2% du PIB national, pèse 18,8% de la population nationale.
Comme dans toutes les autres régions, ce sont les activités liées au tertiaire marchand qui composent la majeure partie de la valeur ajoutée. Ce poids, 58,3% au niveau métropolitain, est de 46,1% dans le Grand Est, inférieur à ceux des Hauts-de-France et de la Bourgogne-Franche-Comté. Il est de 72,8% en Ile-de-France.
En 2024, dernière statistique disponible, le PIB du Grand Est culmine à 197 Md€, soit 4,3% de mieux qu’en 2023 et 10% de plus sur deux ans. Entre 2022 et 2023, le PIB régional a progressé de 5,5%. Cette hausse s’atténue entre 2023 et 2024 (+4,3%). Le Grand Est fait mieux que le niveau national (+0,9 et +1,2%).
Une industrie toujours bien présente
Avec un poids de près de 19%, la région se démarque par une part importante de l’industrie dans la production de sa valeur ajoutée. Ce poids est supérieur de 5,8% à la moyenne métropolitaine et de 11,3% à celle de l’Ile-de-France. Ces écarts se maintiennent depuis une quinzaine d’années.
Pour les autres composantes de la valeur ajoutée régionale, l’agriculture réalise 4,8% du total, contre 2% au niveau national, la construction 5,9%, légèrement au-dessus de la moyenne métropolitaine et le tertiaire non marchand 24,6%, trois points au-dessus de la moyenne métropolitaine. En résumé, le Grand Est occupe la deuxième place, derrière la Normandie en termes de poids industriel national.
Une croissance modérée depuis 2008
Depuis une quinzaine d’années (2007-2022), la richesse créée dans le Grand Est progresse en moyenne de 0,1%, huit fois moins vite qu’en Métropole. Cette faible croissance se remarque également dans les territoires voisins de la région francilienne : Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France, Centre-Val de Loire et Normandie. Un point commun à ces régions : une évolution démographique modeste et sous la moyenne métropolitaine. Par opposition, Corse, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, ou Pays-de-la-Loire affichent des progressions moyennes dix fois supérieures, de 1 à 1,5%.
La croissance économique et l’évolution démographique de ces cinq dernières régions, sur les façades, atlantique et méditerranéenne, s’expliquent par le développement d’une économie présentielle qui progresse, par exemple, de 8% en Pays-de-la-Loire ou en Occitanie, quand elle baisse de 1% dans le Grand Est sur la même période, entre 2010 et 2021.
La crise de 2008 a eu un impact plus marqué dans le Grand Est qui a connu entre 2007 et 2010 la plus forte baisse économique régionale observée en France (-5,3%). Il a fallu attendre 2019 pour que le PIB du Grand Est retrouve son niveau de 2008, dans un ensemble métropolitain qui y était parvenu dès 2011.
Le Grand Est recule dans le classement des régions
En 2022, avec 32 159 euros, contre une moyenne métropolitaine de 33 708 euros, soit un déficit de près de 5%, le Grand Est occupe la huitième place des régions métropolitaines, cependant devant les Hauts-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté, et le Centre-Val-de-Loire. En quinze ans, la région a reculé de deux places. En 2007, le Grand Est connaissait un PIB par habitant équivalent à celui de la France de province.
Avec la Normandie, la Bourgogne-Franche-Comté et le Centre-Val-de-Loire, le Grand Est fait partie des régions possédant le plus faible taux de croissance annuel moyen du PIB par habitant (+1,3% contre +1,7% pour la France métropolitaines et +1,6% pour la France de province).
Une évolution du PIB par emploi dans la moyenne
L’évolution du PIB par habitant dépend de deux composantes : celle du PIB par emploi (productivité par emploi) et celle de l’emploi par habitant (nombre d’emplois sur le territoire par rapport au niveau de sa population résidente). L’évolution de la productivité par emploi dans le Grand Est, entre 2007 et 2022, est quasi similaire à celle de la moyenne en France : +1,3 et +1,4%. La plus faible croissance du PIB par habitant s’explique par une stabilisation de l’emploi par habitant dans le Grand Est entre 2007 et 2022, alors que l’emploi par habitant progresse en France de 0,3% par an. Plusieurs facteurs influent sur l’emploi par habitant : le nombre d’emplois dans le territoire, le nombre d’actifs occupés résidents ou la répartition de la population selon l’âge.
Trois indicateurs illustrent l’évolution de l’emploi par habitant. La part des habitants en âge de travailler (15-64 ans), de 66 à 62% en quinze ans, le taux de concentration de l’emploi, de 93 à 91%, sont des indicateurs défavorables. Le taux d’emploi des 15-64 ans, de 63 à 66% est un indicateur favorable.
Notons enfin que le travail frontalier, en progression de 33% en quinze ans, pèse négativement sur l’évolution de l’emploi par habitant. Le travail frontalier ne contribue pas à la richesse économique à travers l’emploi, mais participe cependant au PIB régional par les dépenses réalisées par les travailleurs frontaliers sur le territoire de résidence.