Collectivités

Ardennes : un budget primitif acté à un demi-milliard d’euros

Département. Ayant assaini sérieusement ses finances depuis 2018, le conseil départemental des Ardennes a voté, dans un contexte pourtant contraint, un budget primitif 2026 qui dépasse les 500 millions d’euros, en équilibre en fonctionnement et en investissement.

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Bourgeois Noel
(Crédits : DR)

La dernière session budgétaire du conseil départemental des Ardennes, consacrée au vote du budget primitif 2026, revêtait une importance toute particulière au regard du contexte contraint. L’instabilité parlementaire et gouvernementale que connaît notre pays depuis plusieurs mois place en effet les collectivités territoriales dans une situation d’inconfort majeur et d’incohérence face à l’ampleur des besoins. « Dans ce contexte, nous aurions pu faire le choix d’un certain repli et d’un renoncement à certaines ambitions, mais ce n’est pas la voie que nous avons choisie », annonce Noël Bourgeois, Président du conseil départemental des Ardennes. « Le budget présenté, stable ou plutôt stabilisé, et qui n’avait jamais été aussi élevé (456,8 M€), est responsable, résolument tourné vers l’action en faveur des Ardennais, et maintient l’investissement pour notre territoire à la même hauteur que les années précédentes (46,4 M€). Nous avons aussi choisi de soutenir le monde associatif, sportif et culturel pour le lien social qu’il apporte, avec 5 millions d’euros d’actions volontaires. »

La collectivité assume aussi toutes ses grandes responsabilités légales en matière sociale et pour la protection de l’enfance, un domaine qui a fortement progressé en passant de 27 millions d’euros en 2017 à 50 millions d’euros dans ce BP 2026. « Ce n’est pas une mince affaire d’avoir préservé nos équilibres budgétaires, car on ne sait plus où la prochaine tuile va tomber. C’est aussi pourquoi nous avons appris à conjuguer prudence avec inventivité, innovation, responsabilité, pragmatisme et ambition. »

Malgré ces réalités prégnantes et grâce à une maîtrise rigoureuse, les dépenses de fonctionnement sont en hausse de 34 millions d’euros par rapport au BP 2025 (+9 %), en raison de domaines comme l’enfance, l’autonomie, l’insertion, les ressources humaines ou encore le soutien du Service départemental d’incendie et de secours. « Nous sommes contraints d’augmenter régulièrement le volume de nos d’épenses de solidarité, notamment pour les 8 200 bénéficiaires du RSA et la protection de l’enfance, ainsi que pour les publics qui cumulent les difficultés. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au 31 décembre 2025, les services départementaux accueillaient 1 548 enfants et 1 630 familles étaient accompagnées à domicile dans le cadre de difficultés éducatives. « Et ces données ne cessent d’augmenter, année après année. »

Face à ces difficultés, le Département va d’ailleurs accélérer les études concernant le projet de construction de nouveaux bâtiments destinés à remplacer les locaux actuels du Foyer départemental de l’enfance, qui présentent de nombreux défauts, en privilégiant de petites unités d’accueil. Ces structures permettraient un quotidien plus serein pour les enfants et un climat de travail plus apaisé pour l’ensemble des professionnels.

46,4 millions d’euros d’investissements

Grâce aux efforts entrepris depuis 2018 pour faire fortement reculer la dette, passée de 215 millions d’euros à 130 millions, et à l’enregistrement d’un excédent de fonctionnement de 5,4 M€, la collectivité a pu inscrire 46,4 M€ de crédits d’investissements destinés au maintien de la qualité de vie et à l’attractivité du territoire, dont 12,7 M€ de soutien aux stations touristiques de Bairon et des Vieilles-Forges. Des efforts ont aussi été fléchés sur la voirie (21 M€ suite aux dégradations hivernales), les bâtiments départementaux (6 M€), et plus particulièrement les collèges (4,8 M€), les ouvrages d’art (2,4 M€) ainsi que les 2,1 M€ consacrés à la réfection de la rocade de Charleville-Mézières. Un champ de compétences qui contribue au bien-être de plus de 260 000 Ardennais et de plus de 10 000 collégiens. À noter que cette année, dans le cadre du programme de loi de finances, un fonds de sauvegarde a été inscrit à hauteur de 600 millions d’euros pour 58 départements en proie à des difficultés financières très sérieuses. À ce titre, les Ardennes devraient bénéficier d’un soutien de 9 millions d’euros. « Tout cela demande à être confirmé pour être mis en musique », souligne Noël Bourgeois, lequel a confirmé la suppression de 97 postes d’ici 2028.