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129e année

Leclerc Briant et Royal Champagne, ensemble pour le meilleur

Champagne. Réunis au sein d’un même groupe qui compte également une entité à Saint Barth et en Bourgogne, le champagne Leclerc Briant (Epernay) et le resort Royal Champagne (Champillon) multiplient les synergies pour continuer à grandir ensemble.

Frédéric Zeimett, Directeur général du Champagne Leclerc Briant et Vincent Parinaud, Directeur du Royal Champagne mettent en place des synergies entre leurs deux entreprises, réunies au sein du même groupe dirigé par les Américains Denise Dupré et Mark Nunnelly. Benjamin Busson

En 2012, Mark Nunnelly et Denise Dupré défrayaient la chronique champenoise en faisant l’acquisition de la Maison Leclerc Briant, spécialisée en bio et en biodynamie. Passionné par la culture hexagonale, ce couple d’Américains posait alors la base d’un projet qui, près de dix ans plus tard, prend la forme d’un groupe dédié à la gastronomie et à l’art de vivre à la française. « C’est très agréable d’assister et surtout de participer à l’émergence d’un véritable groupe dont Leclerc Briant était la première pierre », souligne Frédéric Zeimett, Directeur général de la Maison sparnacienne, qui apprécie le côté patrimonial et familial de la très francophile famille américaine.

« Le pari de nos actionnaires était de proposer la qualité de service d’un palace parisien, au coeur d’une région viticole proche de la Capitale sans avoir les inconvénients de celle-ci »

Celle-ci fait le choix d’investir et de bâtir sur le long terme, sans forcer une rentabilité immédiate. Deux ans plus tard les Nunnelly-Dupré se sont ensuite intéressés à l’hôtellerie de standing en faisant l’acquisition du Royal Champagne, pour y investir plusieurs dizaines de millions d’euros et en faire un lieu incontournable du tourisme haut de gamme en Champagne. « Le pari de nos actionnaires était de proposer la qualité de service d’un palace parisien, au coeur d’une région viticole proche de la Capitale sans avoir les inconvénients de celle-ci », explique Vincent Parinaud, directeur de l’établissement, trois ans pile après son ouverture.

De multiples investissements en Champagne

Un pari gagnant au regard des résultats du resort qui multiplie les distinctions et enregistre depuis son ouverture (et hors période de fermeture liée au Covid) des taux d’occupation proche des 90%. L’établissement a déjà fait plus qu’acquérir ses lettres de noblesse, il devient une véritable référence et gagne en attractivité. « Aujourd’hui nous recevons des CV aussi qualitatifs qu’à Paris », souligne le directeur. Preuve de son attachement à la région, le groupe a, au cours des dernières années, multiplié les investissements en Champagne : après le 25bis - une Maison d’hôte située au 25bis de l’avenue de Champagne à Epernay, ouverte en avril 2018 - , c’est la Villa des Trois Clochers, à Villers-Allerand, qui est aujourd’hui en cours de rénovation.

Conçue par l’architecte Max Sainsaulieu (à qui l’on doit la bibliothèque Carnegie à Reims) elle a d’ailleurs accueilli le tournage du dernier film de Nicolas Vanier. À l’été 2021, les investisseurs américains ont aussi fait l’acquisition d’une villa voisine du Royal Champagne, à Champillon, comprenant 9 unités de 90 à 120 m2, pour y faire une extension, répondant aux besoins de privatisation de plus en plus demandé par les touristes fortunés.

« Parfois sur certains projets nous avons tendance à nous autocensurer mais ce sont nos propriétaires qui nous disent « allez-y ! », explique Frédéric Zeimett. Le « oui » vient assez rapidement avec nos dirigeants. Ce qui implique aussi qu’ensuite, nous devons aussi aller vite dans les projets. Nous entendons souvent « what’s next ? », sourit-il. Là où ailleurs, certains projets sont ceux d’une vie, ici ils peuvent être réalisés en quatre ou cinq ans grâce notamment à une grande confiance dans la délégation ».

Année 2021 record

Hors de la Champagne, le groupe fourmille aussi de projets, comme cet hôtel à Saint Barth ou ce Château de 38 clés en cours de rénovation en plein coeur de Pommard (Bourgogne) et qui ouvrira ses portes en 2023. « Nous avons aussi quelques idées qui pourraient se concrétiser très rapidement à Paris », précise Vincent Parinaud. « Des synergies se mettent en place de manière relativement évidente entre nos établissements : ainsi notre resort en Bourgogne peut s’inspirer de notre expérience champenoise. Il y aura aussi forcément des transferts de ressources humaines, c’est d’ailleurs tout l’intérêt d’être présents au sein d’un même groupe ».

« Depuis juin 2021, nous enregistrons des records absolus de fréquentation »

Un groupe qui favorise les échanges et permet aux entités de partager leurs compétences. « Tout ce que nous pouvons faire ensemble nous le faisons », rappelle Frédéric Zeimett, qui assure par exemple un accueil privilégié aux clients de l’hôtel dans sa Maison sparnacienne. Vincent Parinaud acquiesce et précise : « Quand je vends l’hôtel dans les congrès touristiques, je vends la destination Champagne avant tout. Le Royal Champagne n’est ni à Reims ni à Epernay mais à Champillon et il travaille avec tout le monde et toutes les Maisons. Il représente parfaitement ce que représente la Champagne aujourd’hui et sans prétention ».

À l’image de leur groupe, les deux structures ont fait preuve d’une belle résilience pendant la crise sanitaire. Au cours de sa fermeture forcée de près de cinq mois en 2020, le Royal Champagne a ainsi réalisé plus de 350 000 euros de travaux d’aménagement, pour rouvrir de manière spectaculaire. « Depuis juin 2021, nous enregistrons des records absolus de fréquentation », explique Vincent Parinaud. De son côté, Leclerc Briant a continué à figurer en bonne place dans les portefeuilles clients malgré les restructurations et a battu ses records de volumes vendus depuis 10 ans en juillet, août et septembre 2021. Et ni l’un ni l’autre ne compte s’arrêter en si bon chemin. « Nous avons encore beaucoup de choses à inventer ensemble », glisse Frédéric Zeimett.

Benjamin Busson