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129e année

Le mildiou attaque les vignes de manière inédite

Champagne. Si la récolte, aujourd’hui, s’annonce qualitative, il est une forte inquiétude dans les vignes, c’est celle concernant l’invasion de mildiou, ce champignon vorace qui se développe sur les feuilles et la grappe lorsqu’il y a un fort taux d’humidité.

Cette tâche jaunâtre est typique de l’attaque de mildiou sur les vignes.

« Les fortes pluies entre mai et début juillet ont eu un impact très important dans le vignoble de l’AOC Champagne, avec cependant une grande hétérogénéité selon les territoires », explique Arnaud Descotes, directeur Qualité et Développement durable au Comité Champagne, qui depuis le 10 juillet effectue une tournée d’évaluation du vignoble.

« Nous n’avons jamais vu cela. De ma carrière, c’est la première fois que je constate autant de mildiou. »

Les endroits les plus touchés sont ceux de la Vallée de l’Ardre, le massif de Saint-Thierry ainsi que la partie ouest de la Montagne de Reims. La Côte des Bars est moyennement touchée tout comme le Sézannais ou la Côte des Blancs. « La disparité de l’invasion de mildiou a plusieurs causes : la pluviométrie bien sûr, mais également des facteurs agronomiques, l’enherbement et la vigueur de la vigne, les traitements qui ont été effectués en prévention, mais aussi, un facteur chance… » reconnaît Arnaud Descotes. « Le vignoble est une vraie mosaïque. »

Un impact important sur le rendement

Et si la prévention est une nécessité, en HVE ou en bio, le traitement du mildiou ne peut pas être curatif. « Il faut cependant souligner que si le mildiou affecte la quantité, il n’affecte pas la qualité du raisin et de la récolte », insiste le directeur Qualité et Développement durable. Pour autant, l’ampleur constatée dans les vignes est inédite.

« Nous n’avons jamais vu cela. De ma carrière, c’est la première fois que je constate autant de mildiou. » Aujourd’hui, le pourcentage de perte est estimé entre « 20 et 25% », du jamais vu, dans la mesure où l’année la plus délicate, 2016, le vignoble avait connu une perte de 15% environ. Néanmoins, « 2016 avait été une très belle année qualitativement », rappelle Arnaud Descotes.

Les prochaines semaines vont ainsi être déterminantes, les vignerons vont garder un œil sur les stations météo, car si le soleil rayonne, les vendanges s’annoncent plutôt sereines. En revanche, si les orages persistent, cela peut affecter encore plus le rendement, qui pour certain, sera déjà très bas.

Nastasia Desanti