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130e année

Champagne : de bons résultats et un avenir à anticiper

Champagne. Les résultats économiques des exploitations champenoises bénéficient d’un marché dynamique, avec des perspectives positives et des points de vigilance à observer.

Champagne : de bons résultats et un avenir à anticiper
Olivier Josselin, Responsable Filières et Références FDSEA Conseil. (Crédit : B. Busson)

Les traditionnelles rencontres post-vendanges sont l’occasion pour FDSEA conseil, en partenariat avec AS Entreprises et le Comité Champagne de dresser un bilan de la vendange fraîchement passée et de faire un point d’étape sur la situation économique de la Champagne. Premier constat, celui de Sébastien Debuisson, Responsable service Vignes, au Comité Champagne, le bilan agronomique de la vendange 2022 est en tous points exceptionnel. « 2022 n’est pas l’année la plus chaude de l’histoire, ni la plus sèche, mais la plus solaire qu’on ait jamais eu en Champagne », souligne-t-il.

Peu de grêle, du gel dans la moyenne décennale, des pertes par échaudage relativement limitées, pas de maladie ou de pourriture et des précipitations suffisantes et tombées au bon moment pour assurer une récolte en bonne quantité et de qualité. Résultat, les vignes champenoises ont offert de belles grappes, saines, aux degrés satisfaisants et un rendement estimé autour de 14 000 kg par hectare en moyenne, confirmé par les premières déclarations de récolte enregistrées. « Un scénario presque parfait », précise Sébastien Debuisson, qui précise que l’on reste encore loin des rendements record des années 2000, notamment en raison des changements de pratique dans les vignes. Un bilan vendange qui devrait donner le sourire aux vignerons, en attendant le verdict qualitatif lors de la dégustation des vins clairs début 2023.

Une dynamique positive

D’ici là, côté économie, Olivier Josselin, Responsable Filières et Références FDSEA Conseil, révèle que la Champagne peut déjà avoir le sourire au vu de la commercialisation des 12 derniers mois : avec une tendance de 335 millions de bouteilles expédiées en 2022, la filière se porte bien, toujours portée par l’export (qui représente 60% des volumes et 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires). Mais l’année 2022 révèle aussi une hausse non négligeable des charges d’exploitation de l’ordre de +10% à +15% en moyenne : +80% pour la fertilisation, +70% pour les carburants, +6% pour la main d’œuvre, +3,55% pour le fermage… « Si le coût de la vendange ramené au kg est moins élevé cette année (en raison du poids élevé des grappes notamment, ndlr), la masse salariale globale devrait augmenter ».


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Côté revenus, bonne nouvelle également avec un prix de revient du kg de raisin compris à un prix entre 2,91 et 4 euros (contre 4,2 et 4,57 €/kg). « En 2021, un litre de vin clair coûte environ 7,70 euros (7,16 euros de raisin et 0,51 euros de vinification et une bouteille de champagne coûte 10,01 euros à produire, hors taxes », souligne Olivier Josselin, qui dans un contexte de changement, se dit « confiant pour l’avenir ». Les résultats économiques des exploitations champenoises sont bons, grâce à un marché dynamique, avec des perspectives positives, portées notamment par les aménagements de la gestion de la Réserve Individuelle (RI) décidés par le Comité Champagne. Si la priorité numéro 1 des exploitations doit être de reconstituer cette RI en prévision des exercices futurs, « il va falloir anticiper les évolutions des résultats », précise le Responsable Filières et Références.

Parmi les leviers d’anticipation : les moyennes triennales fiscales et sociales, le changement de date de clôture, l’étalement des revenus exceptionnels, par exemple. Quant aux points de vigilance, ils sont quelques-uns à surveiller de près : « Il faut notamment évaluer les impacts fiscaux de cette année et conserver de la trésorerie nécessaire pour y faire face, faire attention aux franchissements de seuils fiscaux en lien avec l’évolution des chiffres d’affaires, intégrer les évolutions de charges dans les tarifications futures, ou faire attention à l’effet ciseau entre les prix de vente et les niveaux de charges qui augmentent… ».

Benjamin Busson