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130e année

5,7 milliards d’euros : chiffre d’affaires record pour le champagne en 2021

Champagne. Les expéditions ont dépassé leurs niveaux d’avant crise sur certains marchés.

Après avoir retrouvé un volume élevé d’expéditions (320,1 millions de bouteilles soit 31% de plus que 2020 et +8% par rapport à 2019), la filière champagne a surtout atteint un record de chiffre d’affaires en 2021 : 5,7 milliards d’euros, soit +14% par rapport à la meilleure année de toute l’histoire du champagne. Des résultats salués par les deux coprésidents de l’interprofession, Jean-Marie Barillère (président de l’Union des Maisons de Champagne) et Maxime Toubart (président du Syndicat Général des Vignerons), qui notent notamment la stabilité du marché français à 140 millions de bouteilles, qui retrouve un niveau équivalent à celui de 2019, juste avant la crise sanitaire. Autre satisfaction notable, celle de l’export (180 millions), dont les résultats sont « remarquables », malgré un marché asiatique toujours en convalescence.

« Cette hausse du chiffre d’affaires s’explique par une augmentation des volumes vendus mais aussi parce que cette augmentation des volumes est réalisée sur les pays d’exportation, ce qui fait que le prix moyen a fortement augmenté », souligne Jean-Marie Barillère, qui précise : « Le marché américain reste le premier marché à l’export avec 34 millions de bouteilles. Et beaucoup de pays européens sont eux aussi en croissance ». En comparaison avec l’année 2019, le Royaume-Uni progresse ainsi de +7% (29 millions de bouteilles), l’Allemagne de +28% (15 millions) et la Belgique atteint les 11 millions de bouteilles. À noter, la surprise du côté de l’Australie qui progresse de +53% avec 12 millions de cols expédiés, dépassant toutes les attentes. Pour le Comité Champagne, ces bons chiffres sont liés au retour à la joie de vivre et aux moments de célébration à domicile (en “off-trade”).

Des chantiers à poursuivre

À peine ce bilan 2021 dressé, les représentants de l’interprofession ont ils déjà les yeux rivés sur les prochaines décennies. « Regardons demain », prévient Maxime Toubart : « L’ambition de la filière c’est de préparer la champagne de 2050 ». Cela passe notamment par les questions de transmissions mais aussi par l’amélioration des outils de régulation de la filière qui, s’ils ont fait leurs preuves au cours de la crise, peuvent encore être solidifiés et optimisés.

Des réflexions sont donc en cours au sein des instances champenoises, pour assurer cette régulation au mieux, tout en permettant à la filière de poursuivre de manière ambitieuse les efforts engagés en matière de transition agroécologique (certification des exploitations, bilan carbone, gestion de l’eau...), sans pour autant oublier la protection de l’appellation, de la production et la qualité de cette dernière. Une réflexion vaste qui s’étend aussi à la création variétale pour proposer des outils permettant de continuer à produire des raisins dans un contexte de réchauffement climatique.

Benjamin Busson