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130e année

Suzuki S-Cross : Coup de jeune

Automobile. Évolution en profondeur pour le sympathique SUV japonais, un des rares de son segment à être disponible en version quatre roues motrices. Sous le capot : une motorisation micro hybride.

Esthétiquement, le SUV Suzuki se modernise avec efficacité. DR

Chez Suzuki France, du côté de Trappes, les sourires sont de rigueur. À juste titre. La marque japonaise ne fait plus partie des outsiders du marché français. Au terme d’une année 2021 globalement médiocre pour la quasi-totalité des constructeurs, Suzuki a tiré son épingle du jeu avec 25 000 immatriculations pour conserver une part de marché de l’ordre de 1,4%. Un résultat confirmant les solides positions acquises au fil des ans par une petite équipe opérationnelle qui a réussi à maintenir un climat convivial. Autre raison d’être de bonne humeur : les résultats de « la cote d’amour des constructeurs », réalisée chaque année par le Conseil National des professions de l’automobile (devenu depuis le début de l’année Mobilians ). Suzuki, présent sur le podium depuis plusieurs éditions, monte cette fois sur la première marche, l’emportant devant toutes les autres marques diffusées en France.

Ce classement reflète la qualité des rapports entre les constructeurs et ceux qui les représentent sur le terrain. En France, Suzuki compte 120 investisseurs pour 210 points de vente. Ce sont eux qui ont porté Suzuki en tête. Un encouragement et un motif de fierté pour l’équipe dirigeante, à commencer par Stéphane Magnin qui pilote efficacement la branche auto de Suzuki. La Suzuki S-Cross est un des piliers de la gamme et réunit tout ce qui fait la spécificité de la marque. Un format contenu – seulement 4,30m - lui permettant d’être à l’aise dans la circulation urbaine tout en proposant des prestations familiales.

Une offre de transmission aux quatre roues, technologie rare dans l’univers des SUV qui n’ont qu’un look de baroudeur à proposer. Une hybridation légère 48V en soutien du bloc thermique essence qui améliore la réactivité tout en diminuant les émissions de CO2 et la consommation. Un rapport prix-équipement-prestations d’ensemble pertinent, même si les tarifs des Suzuki d’aujourd’hui sont désormais proches de ceux de leurs concurrentes.

Des consommations peu élevées

Esthétiquement, le SUV japonais bénéficie d’une cure de jouvence profonde tout en conservant sa base technique. Modernisé avec à propos, le S-Cross renforce son caractère tout en semblant visuellement plus costaud grâce à un avant transfiguré par une calandre virilisée, encadrée par des projecteurs à LED et une poupe remodelée où les LED sont également du voyage. À bord, où l’habitacle est éclairé par un toit panoramique ouvrant, le noir est de rigueur. La sobriété et le classicisme du style intérieur contrastent avec la richesse de la dotation – une bonne habitude de la marque. Sur les finitions hautes, un écran tactile central de 9 pouces intègre les fonctions de connectivités de dernière génération, une caméra de recul avec une vision à 360°.

La présentation intérieure est sans fioriture mais le niveau d’équipement est complet. DR

Les principales aides à la conduite sont également disponibles : alerte de franchissement de ligne, surveillance des angles morts, lecture de la signalisation routière, détection du trafic arrière... Même constat pour les éléments de confort : climatisation bi-zone, sièges avant chauffants... Jouissant d’une bonne habitabilité et d’un volume de coffre de 430dm3 dans la bonne moyenne de sa catégorie, le S-Cross réussit à faire le maximum sous un format réduit. Suzuki s’est fait une spécialité des motorisations micro-hybrides dont bénéficie l’ensemble de la gamme. Un choix astucieux qui présente l’avantage de la simplicité et ne grève pas les tarifs des voitures qui en sont dotées. Autres points positifs : pratiquement pas de poids supplémentaire embarqué et un encombrement réduit.

Ce système SHVS 48V fonctionne en tandem avec un moteur thermique essence turbo 1,4l Boosterjet à injection directe d’une puissance de 129 ch. Cette hybridation légère améliore les accélérations au démarrage et lors des relances tout en minorant la consommation et en faisant baisser les valeurs d’émissions de CO2 (de 119g/km à 139g/km) et par voie de conséquence le malus dit écologique. D’autant plus appréciable sur la version à traction intégrale plus lourdement pénalisée. La puissance limitée du système hybride (10kW) ne permet pas de faire de miracles mais les valeurs conventionnelles de consommation mixtes sont peu élevées, de 5,3l pour la version deux roues motrices à 6,1l pour la version 4X4 en boite automatique à 6 rapports. À l’heure où le prix du litre de sans plomb flambe, l’argument n’est pas négligeable.

Dominique Marée