Striker : les nouvelles ambitions de Dacia
Marché. À l’occasion de la présentation de son plan stratégique « FuruREady » 2030, Renault a dévoilé la nouvelle Dacia, un crossover inédit de 4,62 m à la silhouette dynamique.
Acheter une Dacia pour son design ? Si on avait dit ça à ceux qui ont eu sous les yeux la toute première Sandero il y a plus de deux décennies, ils auraient éclaté de rire. La modeste berline roumaine semblait avoir été dessinée par un enfant de six ans, pas très doué de ses mains. Comme le disait une ritournelle « la beauté des laids se voit sans délai ». Cela ne l’a pas empêché de faire une belle carrière, ses qualités fonctionnelles et ses tarifs attractifs compensant ce physique plutôt ingrat.
Depuis, Dacia a parcouru un sacré bout de chemin sans jamais abandonner le pragmatisme qui a fait son succès mais en améliorant au fil du temps le style de ses voitures. Avec la future Striker, commercialisée à l’automne prochain, la marque roumaine du Groupe Renault franchit une nouvelle étape en misant aussi sur la séduction. Voire d’abord sur la séduction. Long de 4,62m, le crossover Striker s’affranchit des catégories et des genres : berline élancée, break dynamique, SUV racé... Certes, ce n’est pas le premier exemple de modèle à brouiller les codes pour faire entendre sa différence. Avec des succès commerciaux mitigés, d’ailleurs.
Mais c’est inédit pour une marque aussi populaire. Cela confirme que les lignes bougent et que Dacia ne s’interdit plus de viser plus haut. Partageant sa plate forme et la plupart de ses éléments techniques avec le très récent Bigster pour former le duo haut de gamme de la marque, le Striker s’en distingue par son design exclusif. Alors que le Bigster peut être vu comme le grand frère du Duster, le Striker n’a aucun lien de parenté direct avec un autre modèle de la gamme tout en intégrant la nouvelle identité de la marque. Le résultat est une incontestable réussite. C’est le cas en particulier du profil élancé avec une ligne de pavillon s’inclinant vers la vitre arrière coiffée d’un élément aérodynamique renforçant son dynamisme. La poupe originale se distingue par ses feux en forme de T, répondant en écho aux blocs optiques avant. Autres éléments distinctifs : des arches de roues soulignées d’élargisseurs reliés par des protections latérales, des barres de toit affleurant le pavillon et un immense toit panoramique vitré, inédit chez Dacia. Le tout donne au Striker une personnalité affirmée sans être ostentatoire.
Moteurs électrifiés et bicarburation essence-GPL
Quid de la présentation intérieure ? La question est pour le moment sans réponse. Le constructeur a choisi de ménager ses effets et ne la révélera qu’en juin prochain. Sera-t-elle calquée sur le Bigster ? Ce n’est pas certain dans la mesure où le grand SUV roumain emprunte à quelques détails près celle du Duster. Le Striker pourrait en profiter pour s’ancrer davantage dans la modernité et confirmer sa montée en gamme. L’habitabilité devrait être au rendez vous, un traditionnel point fort de la marque. Idem pour le volume du coffre comparable à celui, très généreux, du Bigster. Dacia annonce que son futur crossover sera « multi-énergies » : comprendre que les motorisations seront électrifiées avec, selon les précisions du constructeur, une version hybride, une version hybride 4X4 et une version GPL.
D’un côté, le nouveau 1,8l full Hybdrid de 155 ch équipant déjà différents modèles du Groupe Renault, de l’autre le moteur proposant une association inédite entre un bloc micro hybride 48V et la bicarburation essence-GPL, une spécialité de Dacia, le seul sur le marché à disposer d’une gamme complète de voitures fonctionnant au GPL. On en connaît les multiples avantages : prix du carburant ultra compétitif, passage d’une énergie à l’autre imperceptible, autonomie dépassant largement les 1 200 km (voire beaucoup plus) évitant la fastidieuse corvée du passage à la pompe. Dacia annonce un tarif de base situé sous les 25 000 €, comparable à celui du Bigster. Avec ce crossover inédit, le constructeur ambitionne à la fois d’élargir par le haut sa clientèle tout en proposant aux possesseurs d’un modèle actuel de monter en gamme. Dacia se prévaut d’un taux de fidélité exceptionnel dans l’industrie automobile (70% de propriétaires de Dacia rachètent une Dacia quand ils changent de voiture). Devenu un acteur majeur du marché européen, la marque peut se permettre d’afficher de nouvelles ambitions.