Peugeot 408 : un nouveau regard
Marché. L’atypique vaisseau amiral Peugeot bénéficie d’une cure de rajeunissement esthétique avec en particulier une proue redessinée renforçant sa forte personnalité.
La Peugeot 408 fait partie de ces modèles inclassables, n’entrant dans aucune catégorie précise. C’est à la fois ce qui fait son charme et constitue son point faible. Les clients plutôt conformistes dans l’ensemble, n’aiment pas trop être bousculés. Cela explique qu’elle rencontre un succès commercial relatif (4 647 immatriculations en France en 2025), ne rendant pas justice à ses multiples qualités intrinsèques. Mais le haut de gamme du Lion n’a pas dit son dernier mot et renforce son potentiel séduction grâce à un lifting esthétique destiné à donner un second souffle à sa carrière.
La « silhouette fastback » dixit Peugeot - comprendre coupé-berline-cinq portes ! – ne change pas radicalement, les évolutions esthétiques se concentrant principalement sur la proue et (un peu) sur la poupe. Le constructeur promet cependant un « effet wow », sans doute une variante du fameux « effet waouh » usé jusqu’à la trame... À l’avant, la 408 bénéficie d’une nouvelle calandre et d’un bouclier redessiné, le tout avec un effet 3D et des surfaces alternant finition brillante ou mate. Le changement majeur touche à la signature lumineuse de la généreuse (4,69 m) berline assemblée en France sur le site de Mulhouse. Les fins blocs optiques inclinés à LED (Full ou Matrix selon les versions) intégrant la triple griffe identitaire sont reliés par une série de traits lumineux sur la fine calandre au centre de laquelle, trône en majesté le blason Peugeot, lui aussi lumineux sur les finitions GT haut de gamme. À l’arrière, sur le bandeau noir translucide reliant les blocs-feux agrémentés des inévitables trois griffes, le nom de la marque est éclairé en rouge. Une mode qu’on retrouve sur la plupart des nouveautés des constructeurs qui durera ce que dure la mode. Des jantes de 17 à 20 pouces et une nouvelle teinte « flare green », jouant subtilement avec la lumière mettant en valeur les formes sculpturales de l’atypique 408, complètent l’ensemble.
Des motorisations exclusivement électrifiées
L’aménagement intérieur, toujours exclusif à la marque avec le désormais fameux i-cockpit de dernière génération évolue à la marge. Il est vrai que la présentation reste tout à fait dans le coup. L’impression globale de qualité est renforcée par l’arrivée de nouveaux tissus et revêtements. Une mention particulière aux sièges avant labélisés par une association indépendante germanique pour leur qualité ergonomique. Nul doute qu’ils seront appréciés après plusieurs heures de voyage... Des options avec des réglages électriques, jusqu’à 10 pour le conducteur, une fonction massage permettent encore d’améliorer l’agrément. Ils peuvent être habillés d’Alcantara (R) ou de cuir Nappa, une offre devenue rare. À l’arrière où l’espace n’est pas chichement compté, merci à l’empattement de 2,79 m, les occupants bénéficient eux aussi de sièges privilégiant le confort. 536 l en configuration cinq places et jusqu’à 1 611 l banquette arrière 60/40 rabattue : le coffre remplit son contrat.
Un des incontestables points forts de la 408 est la multiplicité de ses motorisations, toutes électrifiées. En entrée de gamme un trois cylindres essence, agrémenté d’un système micro hybride 48v de 145 ch, accouplé à une boite automatique électrifiée à double embrayage à 6 rapports, assure l’essentiel avec une consommation moyenne de l’ordre de 5 l/100 km et la promesse de fonctionner sur le seul mode électrique en ville jusqu’à 50 % du temps. L’évolution de la motorisation hybride rechargeable dont la 408 a pour le moment l’exclusivité chez le constructeur affiche des ambitions plus élevées : quatre cylindres turbo 1,6 de 180 ch associé à un moteur électrique de 124 ch pour une puissance combinée de 240 ch et une autonomie 100 % électrique jusqu’à 85 km. Une boite auto à sept rapports complète l’ensemble. Pour récupérer 100 % de la capacité électrique sur une Wallbox domestique, il suffit de 2h05. Enfin, une version 100% électrique complète l’offre. L’équivalant de 213 ch, une batterie de 58,2 kWh de capacité utile, une autonomie conventionnelle de 452 km : des données pas exceptionnelles dans le segment de la 408. Le chargeur embarqué supportant jusqu’à 120 kW permet de se brancher sur des bornes rapides et de passer de 20 % à 80 % de marge en 30 minutes. Un bon point.
Dévoilée en janvier au Salon de Bruxelles dont elle a été une des vedettes, la 408 arrivera chez les distributeurs en avril. Tarifs non encore fixés.