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129e année

Les automobilistes s’orientent de plus en plus vers les véhicules d’occasion

Automobile. La vente des véhicules d’occasion se porte bien. Au point que les usagers français le préfèrent à celui du neuf.

Plus de 400 véhicules d’occasion étaient exposés à Charleville-Mézières. Pascal Rémy

Selon le comité des Constructeurs français d’automobiles (CCFA), il s’est vendu 2,566 millions de véhicules de seconde main sur le premier semestre 2021 contre 1,769 million à la même époque l’année dernière. Soit une hausse de 45,2 %. Malgré le pass sanitaire qui a agi négativement sur la fréquentation, ce phénomène a pu être constaté lors du récent salon du véhicule d’occasion qui s’est tenu au Parc des expositions de Charleville-Mézières.

Les feux semblaient au vert chez les concessionnaires locaux qui constatent une explosion de l’occasion. « On a pu établir des contacts avec des personnes qui se tournent de plus en plus vers ce marché quand ils désirent changer de véhicule. Compte-tenu des retards enregistrés dans la livraison des véhicules neufs causés par la pénurie mondiale de composants électroniques, les gens rebasculent de plus en plus sur l’occasion. On a donc un marché qui grimpe », note Julien Larcher, responsable VO du groupe Auto Bernard Citroën Charleville.

Une perte de valeur moins importante sur l’occasion

« Ce salon s’est très bien passé puisqu’on a vendu quelques voitures. On constate que les gens se tournent beaucoup plus vers l’occasion en raison de délais de livraison plus courts. C’est ce qui motive les gens. Ce salon arrive donc au bon moment. Maintenant, même si on arrive à vendre des voitures neuves, il faut souhaiter que le marché reparte pour de bon afin qu’on ait plus de vision sur l’activité du secteur », remarque Guillaume Manquillet, conseiller commercial pour la marque Volvo (photo). Si la tendance fait les affaires des sites de vente entre particuliers, les professionnels s’adaptent aussi.

Quelles sont les autres motivations amenant la clientèle à privilégier le marché de la seconde main ? La première est évidemment le prix d’autant plus qu’une voiture neuve perd 20 à 25% de sa valeur la première année alors que la décote est jusqu’à cinq fois moins élevée sur l’occasion. Explication parmi d’autres : l’absence de malus écologique qui ne s’applique qu’à l’achat d’un véhicule neuf. Autre raison à ne pas sous-estimer : l’incertitude économique due à la crise sanitaire qui fait que les particuliers préfèrent limiter leurs investissements. En tout cas, alors que les ventes de voitures neuves peinent à remonter la pente après le décrochage de 2020, le cap des six millions d’immatriculations de véhicules d’occasion pourrait être dépassé en 2021.

Pascal Remy