Jeep Compass : le jeu des différences
Essai. Avec son style immédiatement identifiable, l’Américaine aux racines européennes ambitionne de trouver sa juste place au sein de la grande famille Stellantis. Un vrai challenge.
C’est le problème avec les grandes familles : certains ont du mal à trouver leur juste place. C’est le cas dans le groupe Stellantis aux multiples marques d’un côté à l’autre de l’Atlantique. Surtout à l’époque de la rationalisation à outrance des gammes et des économies d’échelle. Exemple avec les SUV du groupe avec les Peugeot 3008, Citroën C5 Air-Cross, Opel Grandland et Jeep Compass, élaborés sur une base commune, qui partagent de nombreux éléments techniques. À chacun ensuite de jouer une partition différente pour exprimer sa personnalité et convaincre les clients. Pas simple !
Conçu à partir de la récente plate-forme STLA Medium du groupe Franco-américano-italiano-germanique (si on n’oublie rien !), susceptible d’accueillir des motorisations thermiques hybrides et électriques, des transmissions avant ou intégrale, le SUV Jeep doit s’efforcer de conjuguer au mieux ses gènes technologiques européens avec sa désormais lointaine origine américaine.
Cette identité proclamée se concrétise par une silhouette musculeuse avec des ailes soulignées de passages de roue carrés, une face avant verticale où on retrouve l’indispensable calandre identitaire à sept ouvertures. Elle peut être éclairée sur les finitions hautes. Cette nouvelle génération, tout en restant dans des dimensions raisonnables, en profite pour prendre ses aises : une longueur majorée de plus de 14 cm (4,55m) et un empattement de 2,80m en forte croissance (+16cm). Le tout au profit de l’habitabilité, en particulier en faveur des occupants arrière, et du volume du coffre qui grimpe à 550 l en configuration cinq places, une progression significative de 45 l. Autant dire qu’on ne perd pas au change.
Cela d’autant plus que Jeep a soigné la présentation intérieure d’un style plutôt classique, ce qui est loin de constituer un défaut et apparaîtra rassurant aux fidèles de la marque. Les matériaux sont engageants, la dotation de série pléthorique dès le premier niveau de finition qu’il s’agisse des équipements de confort et de divertissement (écran central de 16 pouces) ou des aides à la conduite. On peut éventuellement la compléter et l’enrichir avec des packs plutôt bien ciblés, proposés à des tarifs raisonnables.
Près de 1.000 km d’autonomie
La Jeep Compass profite pleinement des avantages d’appartenir au groupe Stellantis en disposant d’une multitude de motorisations, toutes électrifiées, commune à l’ensemble des marques. À commencer par le trois cylindres 1,2l turbo e-hybrid de 145ch d’entrée de gamme, accouplé à une boite automatique à double embrayage à six rapports. Il permet de proposer un Compass sous le seuil des 40.000€ avant de devoir passer par la case malus dit écologique. Autre offre de lancement : un bloc 100% électrique de 74kWh (213ch), lui aussi disponible exclusivement en traction avant.
La gamme s’enrichira dans quelques semaines de propositions plus ambitieuses sous la forme d’un duo exclusivement électrique de 231ch en traction avant et de 375ch en traction intégrale, permettant au SUV de revendiquer une motricité accentuée et des aptitudes renforcées en tout-chemin grâce à un bloc électrique implanté à l’arrière. Autre nouveauté : une motorisation e-Hybrid Plug-in (hybride rechargeable) de 225ch, promettant jusqu’à 90km en mode exclusivement électrique et une autonomie totale jusqu’à 983km, appréciable sur de longs parcours.
Les cinq modes de conduite du système « Selec-terrain », développé par le constructeur, sont proposés sur l’ensemble de la gamme, permettent d’adapter le Compass à différents types de terrain (neige et sable/boue en particulier). Indispensable pour revendiquer l’héritage Jeep. Les Compass 100% électriques disposent du système « One pedal » permettant de ralentir jusqu’à l’arrêt sans utiliser la pédale de frein, uniquement en levant le pied de l’accélérateur. Un vrai « plus » pour l’agrément de conduite au quotidien.
En 2025, Jeep a immatriculé plus de 10.000 voitures. Un seuil dépassé pour la seconde année consécutive. À charge de la nouvelle Compass de conforter cette position.