Humeur

Sans perte mais avec fracas

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Benjamin Busson
Benjamin Busson.

Proposer aux distributeurs de carburant de vendre à perte, l’idée a fait long feu. Aurait-il d’ailleurs pu en être autrement ?

Les prix des carburants n’ont jamais été aussi élevés aussi longtemps, et si le gouvernement ne peut influer sur le prix du baril, les taxes représentent en moyenne 60% du coût du litre à la pompe. Autrement dit, ce sont elles qui coûtent le plus cher au consommateur, mais aussi qui rapportent le plus à l’Etat. Un constat qui n’est pas nouveau mais qui rend difficile de demander aux autres acteurs de « faire un effort » pour les Français de la part de celui qui ne concède aucun assouplissement.

D’autant que c’est une habitude, depuis des décennies, les gouvernements successifs ont pris la fâcheuse habitude de demander aux collectivités locales, aux citoyens et aux entreprises de faire les efforts qu’eux mêmes ne s’appliquent jamais. On passera sur la soudaine capacité du gouvernement à fermer les yeux sur la vente à perte qui est pourtant une pratique interdite depuis 1963 en France.

Tous les acteurs, des industries pétrolières à la grand distribution ont donc opposé une logique fin de non recevoir aussi ferme que Bercy face à la baisse des taxes. Un fiasco annoncé qui ne résout toujours pas le problème des Français face à ces hausses continues. Dans un pays sans pétrole et dont les idées sont aussi faiblardes pour surmonter ses crises en 2023, ses habitants vont devoir apprendre à maîtriser l’art de la patience plutôt qu’à attendre un miracle.