Humeur

L’heure des choix

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Benjamin Busson
Benjamin Busson.

Le programme d’économies présenté par Bercy comme « un serrage de ceinture » est-il vraiment le plan ambitieux dont a besoin le pays ? Pour le ministre de l’Economie il s’agit notamment de prouver tant à l’Europe qu’aux marchés et aux agences de notation que la France est capable de faire quelques efforts pour endiguer la spirale de l’endettement.

Au lieu d’être saluée, l’annonce de ces mesures a été suivie de réactions mitigées dans l’opposition et en coulisses, dans les ministères concernés. Il faut dire qu’en France particulièrement, certains appareils bureaucratiques ont pris l’habitude de confondre le besoin de faire des économies avec la création de taxes nouvelles, les ministères privilégiant les options fiscales plutôt que les choix courageux de baisses de dépenses. Pourtant avec 3 000 milliards de dettes – un poids devenu insupportable pour l’Etat français plus encore avec la récente hausse des taux – la nécessité de faire des économies de fonctionnement est une réalité trop souvent ignorée.

Oui, après avoir épuisé toutes les solutions possibles et sursollicité pendant des décennies le levier de l’imposition, il faut désormais se rendre à l’évidence : retardé à l’extrême, le dégraissage du Mammouth administratif n’est plus une option. C’est l’heure des choix. Alors forcément, ça grince des dents, chacun estimant que son ministère est plus stratégique que celui de son voisin et devrait donc y échapper. Rappelons aux grincheux que ces mesures qui leur semblent insurmontables permettront à peine de gagner un demi-cran de ceinture. Et qu’à hauteur de 10 milliards d’économies en un an avec une croissance à 1%, quand on a 3 000 milliards à rembourser, ils peuvent toujours calculer eux-mêmes le nombre de siècles nécessaires aux générations futures pour effacer notre ardoise.