Humeur

Frais d’agence inclus

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Benjamin Busson
Benjamin Busson.

En 2019, dans une circulaire relative « à la transformation des administrations centrales et aux nouvelles méthodes de travail », le Premier ministre Edouard Philippe évoquait l’existence de « près de 1200 agences et opérateurs » placés sous la tutelle des différents ministères. Si nombre d’entre elles sont décriées pour leur inefficacité ou leurs coûts excessifs – voire les deux – ça n’est pas le cas de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC). Créée en 2011 à l’initiative du député ardennais Jean-Luc Warsmann, cette Agence a connu une progression exponentielle de ses résultats au cours des dernières années. Et le bilan présenté début février par le Garde des Sceaux est éloquent : l’Agence a enregistré un record de 1,4 milliard d’euros de saisies en 2023 (contre 771 M€ en 2022, 725 M€ en 2021 et 592 M€ en 2020).

Les 8 antennes régionales dont les effectifs ont quasiment doublé depuis 2020 ont permis notamment de confisquer 175,5 millions d’euros et de saisir 731 immeubles (dont 163 vendus pour 33,3 millions d’euros). De quoi reverser 110 millions au budget de l’Etat, 96 millions d’euros pour l’indemnisation des victimes et de réaffecter 2641 biens aux services de police, gendarmerie et douanes. La preuve que lorsqu’elles en ont les moyens et que leur activité est suivie de près, les agences peuvent être efficaces et l’investissement qui est placé en elles s’avère « rentable ». Un modèle vertueux qui permet à la fois de toucher au portefeuille les criminels tout en renflouant le budget de l’Etat. Mais cela projette aussi la lumière sur l’immensité de l’étendue de la fraude liée à la criminalité en France et donc sur l’ampleur de la tâche qui attend les 83 personnes de l’Agence pour tenter de l’endiguer.