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130e année

Justine Perri

Une belle vision de l’optique

Justine Perri, a ouvert l’Optique du Marché au centre-ville de Troyes. Nadine Champenois

Après douze ans d’expérience chez différents opticiens, Justine Perri a décidé d’ouvrir sa propre enseigne. Afin de créer un espace à son image, elle a repris et entièrement rénové un magasin (anciennement Optique François) situé en plein coeur de Troyes. Depuis l’été dernier, elle accueille ses clients à l’Optique du Marché, dans un univers chaleureux et épuré. C’est dans cet écrin qu’elle prend aujourd’hui le temps d’exercer comme elle l’envisage le métier qui la passionne.

Ce n’est pas un hasard si, de l’extérieur, sa boutique fait penser à une carte postale ancienne : « Au début de mon projet, j’ai mené des démarches auprès des Bâtiments de France et de la ville de Troyes pour refaire le magasin à partir d’une ancienne carte postale. Je voulais garder l’esprit atelier à l’extérieur de la boutique. D’où le choix de l’association du bois et de l’acier pour encadrer les verrières et souligner l’enseigne, qui est en laiton », explique la jeune chef d’entreprise.

Le début de ses études ne la prédestinait pourtant pas à devenir opticienne. Et ce n’est qu’en classe de terminale que l’idée a germé. Avec en poche un Bac L, elle a donc dû faire une prépa physique et maths à Reims pour entrer dans une école d’optique. De 2010 à 2012, elle prépare un BTS en alternance. « J’ai effectué mon premier stage chez un opticien troyen », se souvient-elle. Après les deux premières années en optique montures, la déjà passionnée suivra à Paris un cursus en contactologie et optométrie, afin de se former pour l’adaptation lentilles et l’examen de la vision. La quatrième année, effectuée également en alternance, sera consacrée à la gestion d’entreprise.

Débuts en tant que salariée

En 2015, la jeune diplômée est embauchée à Troyes par ce même magasin d’optique. Elle y restera deux ans et demi. Avant de devenir responsable adjointe dans une boutique d’un groupe mutualiste, au centre ville de Troyes. Après ce poste assez varié, elle franchit encore un cap en créant son autoentreprise. « J’ai été pendant un an opticienne en freelance. Cela m’a beaucoup aidée de faire des remplacements. J’ai pu travailler dans différents points de vente – comme par exemple dans une boutique dans le quartier de la Madeleine à Paris, où j’ai découvert des marques Made in Europe et Made in France comme Nathalie Blanc dont les modèles sont fabriqués en Normandie et dans le Jura. Faire des remplacements m’a également permis de connaître différentes façons de gérer les magasins », souligne la dynamique opticienne.

« Mon rôle est d’accompagner chacun dans le choix de ses montures. C’est pourquoi, j’ai créé un magasin un peu traditionnel, avec différents espaces »

En se déplaçant également notamment à Sens, Nogent et Saint-Dizier, c’est à la lumière de cette variété d’approches du métier, qu’elle fera le choix de devenir opticien indépendant. « Je faisais le projet de me lancer dans la création de mon entreprise lorsque j’ai vu l’annonce d’un magasin à vendre. J’avais déjà à l’esprit le souhait de tout refaire à mon image, en fidélisant l’ancienne clientèle. Avec aussi pour projet d’en créer une nouvelle. Il m’a fallu un an pour faire les premiers prévisionnels, avant de commencer les premières démarches, dont les plans et le choix des architectes. Mon objectif était de tout refaire pour dynamiser le magasin », s’enthousiasme la jeune Troyenne.

Services de proximité

Pour Justine, le plus important est de tout mettre en oeuvre pour « satisfaire les gens le mieux possible ». C’est pourquoi, elle prend le temps d’écouter leurs attentes et leurs goûts, afin de pouvoir les conseiller, avec un budget adapté à chacun, en veillant à assurer la meilleure qualité au juste prix : « Mon rôle est d’accompagner chacun dans le choix de ses montures. C’est pourquoi, j’ai imaginé un magasin un peu traditionnel, avec différents espaces ». Ici, tout a également été pensé pour créer un univers où l’on se sent bien : le plancher en bois naturel, la déco moderne avec ses meubles vintage chinés à Reims et à Troyes.

« J’ai conservé l’alcôve existante et j’y ai ajouté un miroir piqueté. L’alternance de murs blancs lumineux et de murs peints en bleu profond permet de donner un peu de peps. J’ai installé les marques créateurs dans un espace dont les tonalités sont plus chaudes », ajoute la passionnée. L’opticienne indépendante propose un large choix de montures en faisant appel à des fournisseurs qui fabriquent en France et en Europe et choisit Essilor pour les verres : « Je taille les verres moi-même en magasin », observe la spécialiste qui s’occupe en outre du montage des verres, des réglages et de la réparation. « J’aime beaucoup mon travail », glisse Justine Perri, même si elle regrette parfois de ne plus avoir de temps pour pratiquer l’équitation. Une deuxième passion qui requiert d’ailleurs le même engagement que son métier d’opticienne.

Nadine Champenois