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130e année

Inès Champion

Toujours à la page.

Portrait de Inès Champion
Inès Champion a ouvert il y a un an, à Reims, la librairie jeunesse « Le Chat de Gouttière » (Crédit : N. Champenois)

L’idée lui trottait dans la tête depuis une dizaine d’années déjà. Voilà un an, Inès Champion a ajouté un nouveau chapitre à son parcours en ouvrant, à Reims, la librairie jeunesse « Le Chat de Gouttière » - sur le modèle de celle qu’elle a créée en 2006 à Troyes. « J’y avais des clients rémois car il n’y avait pas chez eux de librairie jeunesse, bien que la ville compte trois fois plus d’habitants que Troyes. Reims est en outre une ville que je connais pour y être allée vivre à deux reprises », explique-t-elle.

Inès Champion renoue en fait avec la Marne dès l’an 2000 – après un séjour de deux ans en Angleterre - en se lançant dans une formation de libraire indépendant à Épernay, sa ville natale. Puis elle travaille au rayon des livres pour la jeunesse de la FNAC, à Reims, à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, et enfin à Val d’Europe, en Seine-et-Marne. Ces cinq années d’expérience ajoutées à celle acquise au cours de ses précédents stages - à la librairie « Mille Pages » de Vincennes et chez « Les Passeurs de Textes » à Troyes - lui permettent de découvrir toutes les facettes d’un métier qui la passionne. De ces années germera un premier projet dans l’univers de la jeunesse.

En 2006, le départ à la retraite du gérant de la librairie des Quinze-Vingt, au centre ville de Troyes, l’incite à sauter le pas. Une étude de marché plus tard, elle décide de créer sa propre librairie. Et à peine deux mois plus tard, en novembre 2006, elle ouvre « Le Chat de gouttière ». C’est également dans la foulée qu’elle devient présidente du GIE Les Libraires de Champagne, le groupement d’intérêt économique chargé de l’organisation du salon du livre pour la jeunesse de Troyes en partenariat avec l’association Lecture et Loisirs.

Le temps de peaufiner un concept

Les années passées à attendre le bon moment pour s’installer à Reims permettent à Inès de peaufiner son concept : « Parallèlement à l’univers des livres, j’ai tout naturellement assez rapidement commencé à exposer des objets de déco pour enfants ». C’est ainsi que la librairie prend un nouveau visage, un peu comme si les protagonistes des comptines et autres belles histoires s’étaient extirpés des pages illustrées. À tel point que la place finit par manquer dans la première boutique troyenne. En 2012, ne pouvant pousser les murs, Inès Champion décide d’ouvrir toujours à Troyes, « Le Chat d’en face », un espace entièrement dédié à « des objets pensés pour les enfants, à la fois beaux, de bonne qualité et vendus à des prix accessibles ».

« C’était le bon moment pour donner vie à mon projet de créer une librairie jeunesse à Reims »

« Mais au fil du temps, j’ai fait le constat que la clientèle de la librairie n’allait pas forcément au Chat d’en face et inversement, alors que moi je voyais le lien entre les deux. En 2014, lorsque le local de la rue de la Monnaie s’est libéré, nous avons à nouveau tout refait et conçu un nouvel espace de 150 m² en réunissant les deux univers. Ce qui nous a également permis de réunir le personnel en un même lieu et travailler ensemble. C’est plus pratique, plus efficace et plus agréable », souligne la maîtresse des lieux, visiblement très heureuse de cet endroit encadré par de larges vitrines. Fusionner les clientèles des deux précédents magasins a permis à l’enseigne de voir son chiffre d’affaires augmenter d’année en année. « Entre 2014 et 2015, notre chiffre d’affaires a notamment progressé de 20 % », se félicite-t-elle, après avoir consulté son ordinateur.

Ouverture à Reims

« Une fois bien installée dans cette librairie, c’était le bon moment pour donner vie à mon projet de créer une boutique à Reims. Le local de 200 m² – situé entre la place Royale et la place du Forum – correspondait à ce que je recherchais. J’ai saisi l’opportunité de me lancer. Et j’ai ouvert « Le Chat de Gouttière » à Reims le 9 juin 2021 », relate Inès. Le succès de son concept tient notamment à la diversification de ses produits. Le fait d’être à l’écoute de ses clients lui a également permis de s’adapter au marché. En plus des livres pour la jeunesse, le kidstore rémois propose aussi des jeux, et autres jouets, objets de déco, accessoires, peluches, de la carterie et des instruments de musique. Sans oublier la papeterie et les loisirs créatifs.

De 0 à 18 ans et plus

« Notre clientèle est hyper diversifiée… J’ai l’impression que personne n’est frileux quand il s’agit d’acheter un cadeau aux enfants. Et depuis le Covid, l’engouement pour le livre en général est une réalité. De plus, on est adhérent au dispositif pass Culture depuis le début de cette année. Cela permet de toucher une autre clientèle. Nous nous adressons aux jeunes de 0 à 18 ans, mais pas seulement. Nous avons par exemple des gens plus âgés qui lisent des livres écrits au départ pour les adolescents », fait remarquer la libraire.

« On choisit les marques qui parviennent à se renouveler et on en apporte de nouvelles. Pour cela je me rends deux fois par an au salon Maison et Objet de Villepinte et au salon Playtime de Vincennes », glisse-t-elle. À côté des marques emblématiques comme Djeco, pour les jouets, ou encore Jellycat, pour les peluches, on trouve d’autres noms d’enseignes comme Izipizi, pour les lunettes, Studioroof, Maileg et Madame Mo, « une petite marque française fabriquant des koinoboris, de petites manches à air en forme de carpe, en coton bio – au Japon, c’est un porte-bonheur qu’on offre aux enfants pour leur souhaiter force, courage, bonheur et santé tout au long de leur vie ». Nulle doute que la magie opère.

Nadine Champenois