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130e année

Denis Lapoulle

Un air d’innovation.

Denis Lapoulle devant le purificateur d’air virucide lancé en 2020. Nadine Champenois

Face à la crise sanitaire, l’ingénieur aubois s’est lancé dès 2020 sur le marché des purificateurs d’air, en proposant un appareil virucide innovant. Avec déjà plus de 7 000 exemplaires vendus en Europe, il est sûr du besoin du marché et espère réussir son pari rapidement. Un diplôme d’ingénieur aéronautique en poche, Denis Lapoulle est entré à l’âge de 25 ans dans la société d’ingénierie SODETEG. « Je me suis occupé à l’export de plusieurs projets de constructions clés en main. Je suis d’abord parti en Irak pour construire une usine de meubles métalliques destinés à l’armée », explique-t-il. De 1980 à 1987, il dirige différents projets, dont un atelier de peinture pour avions en Libye, un hôpital ophtalmologique en Irak, puis un complexe de logements et de bâtiments hospitaliers sur l’archipel de Trinidad et Tobago (Caraïbes).

En 1988, il intègre Cidelcem Industries « qui était alors le premier groupe français fabricant et distributeur de cuisines professionnelles ». Embauché comme directeur de l’assistance technique, il devient adjoint de direction à l’export. Avant de diriger jusqu’en 1996 des filiales de distribution et d’installation du groupe, à Nantes, Angers, Laval, Rennes et La-Roche-sur-Yon. « En 1997, j’ai décidé de quitter tout ça pour travailler avec des Américains qui importaient des matériels qu’on trouvait surtout dans la restauration rapide en France. C’était le tout début », reprend Denis Lapoulle. Jusqu’en 2000, il travaille chez Asbury qui, entre autres, commercialisait des fours à convoyeur : « J’ai travaillé notamment pour l’enseigne 3 Brasseurs, une chaîne du groupe Agapes ».

Rachat de Kodif

Puis Denis Lapoulle prendra la direction Europe de Traex puis de Vollrath. « Traex fabriquait du matériel en plastique qui marchait bien aux États Unis mais pas connu en France, se souvient-il. J’ai commencé à développer Traex par un réseau de distribution dans à peu près tous les pays européens ». À tel point qu’il sera contacté par son concurrent, Vollrath, spécialisé en produits plastique et inox, plutôt destinés à la cuisine. Il en prendra la direction de 2004 à 2006. C’est en 2007 qu’il prend la direction de l’entreprise Catequip à Bouilly, dans l’Aube – 70 personnes à cette période pour Catequip (commercial) et Catserv (Service), spécialisée dans la fourniture de produits de marques américaines destinés à la restauration rapide – que ce soit les produits légers, ceux de types plug and play (microondes, blenders…) ou encore les friteuses haute performance, des fours classiques ou à convoyeur, nécessitant de l’installation. C’est en 2013 que, avec son épouse Ina, le dynamique Aubois rachète la société Kodif.

« Grâce à une technologie couplant une double fréquence UV à une oxydation photo catalytique, cet appareil assainit l’air en détruisant les pollen, virus et autres mauvaises odeurs. »

« Cette société existait depuis 2003. Elle avait été créée parce que Mc Donald’s avait besoin de chaises pour bébé aux normes européennes. On l’a rachetée pour la développer et aujourd’hui on travaille avec toutes les chaînes implantées en France, soit en direct soit via un distributeur », fait-il valoir. Reconnue comme leader européen dans le domaine de la puériculture, Kodif livre tout le marché français et une partie importante des marchés belges, allemands, hollandais et italiens. Le développement de Kodif (une équipe de quatre personnes pour un chiffre d’affaires annuel de 800 000 euros) se fera notamment par la création des départements hygiène et équipement CHR. « Ce dernier est en fait la représentation des marques américaines que j’avais pour partie lorsque je dirigeais Catequip, observe-t-il. On a par exemple en exclusivité totale ou partielle des marques comme Tablecraft, Carlisle et Hamilton Beach ».

Purificateur d’air virucide

C’est suite à des discussions avec leurs interlocuteurs de grandes chaînes, que les entrepreneurs aubois mettent en place en 2017 un département hygiène avec des produits novateurs : « Ces produits n’étaient pas commercialisés par les distributeurs classiques du monde de l’hygiène. Nous avons proposé des produits nouveaux comme des produits complètement écologiques pour la distribution du parfum dans une pièce, permettant d’éviter les micro-particules de CFC, nocives pour la santé ». L’idée novatrice d’un purificateur d’air virucide a germé pendant la crise sanitaire. « Je représentais un fabricant de sèche-main, Airdri, leader en Angleterre que j’avais choisi car fabriquant des produits innovants en termes de normes – norme antibruit et adapté aux personnes handicapées. C’est ce côté différenciant qui m’intéressait, nous permettant d’avoir une offre sortant totalement de ce que font les fabricants français », insiste-t-il.

Pour ce Purificateur d’air, il travaillera avec le bureau d’études d’Airdri et son directeur qui « se trouve être l’ancien directeur technique de Dyson » pour développer Steraspace : « Grâce à une technologie couplant une double fréquence UV à une oxydation photo catalytique, cet appareil assainit l’air en détruisant les pollen, virus et autres mauvaises odeurs ». Tout en déplorant le peu d’incitations et d’investissements réalisés par la France dans le domaine de l’assainissement de l’air – contrairement à l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, par exemple, qui subventionnent ces équipements et où le steraspace s’est bien vendu – il « espère que cette gamme de produits trouvera des vents suffisamment importants » pour décoller.

De nombreux secteurs d’activité ont d’ailleurs tout de suite cru en eux. Cabinets de professions médicales et paramédicales ou encore les pharmacies comptent d’ores et déjà parmi ses clients. « L’appareil s’adresse aussi à d’autres secteurs dont la restauration et l’hôtellerie – dans l’Aube, le restaurant troyen Le Quai en est par exemple équipé. Sans oublier les PME, les services de proximité et les particuliers ».

Nadine Champenois