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130e année

David Baron

Des valeurs à défendre

David Baron dirige le groupe Interactions depuis 12 ans. DR

Après trois années de présidence, David Baron s’apprête à céder sa place à la tête du CJD Marne en juin prochain. Un réseau auquel cet Axonais de naissance est attaché depuis une douzaine d’années déjà. En effet, impliqué au sein de la Jeune Chambre Economique qu’il a intégrée en 2005, il se tourne assez naturellement vers le Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) de la Marne lorsqu’il reprend l’entreprise Interactions en 2009. « C’est un mouvement génial qui prône l’entraide entre les chefs d’entreprise. ça n’est pas un club dédié au business. L’objectif est de s’occuper des dirigeants, de les former, de leur permettre d’innover et de se serrer les coudes quand l’un d’entre eux rencontre des difficultés », précise-t-il.

Le CJD porte en effet parmi ses valeurs le bien-être du dirigeant, la bienveillance entre ses membres et un état d’esprit d’entraide. « Notre valeur principale c’est de mettre l’économie au service de l’Homme », rappelle-t-il. « Et chez moi, les valeurs c’est non négociable ! Ainsi la réputation d’une entreprise et ses richesses humaines valent bien plus à mes yeux que son résultat ou que son chiffre d’affaires des trois dernières années. » Voilà qui permet de cerner celui qui après avoir grandi « en pleine campagne », a suivi ses études en fac de Sciences Eco à Reims où il obtient un DESS en gestion des Ressources Humaines et de la qualité.

En 2000, « seule année de salariat de toute ma vie », précise-t-il, David Baron intègre un organisme de formation en Picardie en tant que responsable démarche qualité. Une première expérience enrichissante à laquelle succédera, un an plus tard, une proposition d’un cabinet de consultant qui le fait intervenir en tant que sous-traitant à son compte. En 2006, complètement débordé par ses activités et ne parvenant plus à répondre aux nombreuses sollicitations de ses clients, il se tourne vers le groupe Interactions à qui il confie quelques missions. Trois ans plus tard, il se voit même proposer de reprendre la société par ses dirigeants. Ce qu’il accepte alors avec plaisir : « Je travaillais beaucoup mais je ne construisais pas vraiment de projet. Ce qui m’a intéressé dans ce défi c’est de continuer à bâtir une équipe et pouvoir me reposer dessus », souligne-t-il.

Actionnariat salarié

Très attaché à la notion d’équipe justement, il ne se dissocie pas de celle-ci lorsqu’il dirige son entreprise. « En arrivant ici l’idée était de construire quelque chose de plus grand que la somme des individus qui composent l’équipe », insiste-t-il. Il met alors en place en interne l’actionnariat salarié « Lorsque je discute avec les membres de l’équipe, je ne discute pas avec des salariés mais avec des associés. » Sur les 19 salariés que compte le cabinet Interactions 11 sont aujourd’hui associés, la démarche étant purement basée sur le volontariat. « Certains ne veulent pas forcément entrer dans l’actionnariat, c’est leur choix », précise le dirigeant, qui fait évoluer cet actionnariat chaque année en organisant un « mercato » des parts, laissant la possibilité à celles et ceux qui souhaitent voir leur portefeuille évoluer dans un sens comme dans l’autre, de le modifier.

« Le CJD est un mouvement génial qui prône l’entraide entre les chefs d’entreprise »

« De la même manière que je n’apprécie pas de faire appel à de la sous-traitance, je préfère que les intervenants soient salariés de l’entreprise. C’est plus risqué mais j’y crois beaucoup », assume David Baron, qui revendique davantage un rôle de leader plutôt que de manager. Aujourd’hui, le groupe Interactions intervient dans cinq principaux domaines d’activités : le pilotage d’entreprise, le système de management QSE, le développement humain, la digitalisation et l’excellence opérationnelle et la prévention-sécurité. Conseil, coaching, assistance technique, formation après diagnostic… les missions sont multiples et s’adressent à tous types d’entreprises.

Cap sur le e-learning

Passionné de sport, David Baron chausse les baskets dès qu’il dispose d’un moment de libre pour s’adonner en particulier à la course à pieds. 10 km, semi-marathon, trails… il se mesure dès qu’il le peut au chronomètre ou aux parcours les plus sinueux. « En 2015, deux jours après mes 41 ans, j’ai parcouru les 10km de Reims en 41 minutes ». Les connaisseurs apprécieront la belle performance.

Coureur de fond, David Baron tient la distance sur l’asphalte comme en entreprise. Car après 12 ans passés à la tête d’Interactions, il n’hésite pas à continuer à prendre des risques pour mettre en place de nouvelles méthodes afin d’anticiper les tendances. « Jusqu’à présent nous ne faisions que du sur-mesure, assure celui qui est également vice-président de la fédération de la formation professionnelle du Grand Est. Mais il y a deux ans, au moment du confinement j’ai fait un premier essai de formation en e-learning. Nous avons tourné 35 heures de vidéo sur la démarche qualité dans les organismes de formation », rappelle celui qui s’est, l’espace d’un tournage, mué en producteur. Un engagement qui a porté ses fruits puisque la vidéo a été la première d’une collection thématique.

« Depuis nous en avons sorti plusieurs : 13 mini-formats de une à deux heures sur la RSE, 10 vidéos sur la collection thématique digitale et 10 mini-formations en cours de tournage sur l’efficacité managériale. » De quoi éditer un vrai catalogue amené à s’étoffer avec d’autres thèmes tels que le droit de la santé et de la sécurité alimentaire, le droit du travail et les micro-entreprises. De gros projets habituellement réservés aux très grands groupes tant les tournages de dizaines d’heures nécessitent d’importants moyens techniques et financiers. « On envisage d’ailleurs très certainement de lever des fonds pour les financer », précise David Baron, qui dispose d’une base client proche des 1000 entreprises, preuve par l’exemple de l’expertise et de la bonne réputation d’Interactions en matière d’éthique en 35 ans d’existence sur le territoire.

Benjamin Busson