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Un établissement du Grand Est sur quatre a l’intention d’embaucher d’ici à fin 2023

Emploi. Les 203 000 projets de recrutement recensés en 2023 dans le Grand Est marquent un recul de 6% sur un an. Sept projets sur dix concernent des emplois non saisonniers. Comme en 2022, près de 58% des intentions d’embauche sont jugées difficiles.

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Embauche
(Crédit : Freepik)

Dans son enquête annuelle des besoins en main-d’œuvre dans le Grand Est, Pôle Emploi recense plus de 203 000 projets de recrutement, un score supérieur de 18% à celui de 2018 d’avant crise sanitaire. Pour autant, l’année 2022 dispose avec 216 000 projets du meilleur millésime depuis dix ans.

Les intentions d’embauches reculent ainsi de 6% en un an. Dans cet ensemble de projets 2023, 144 000 sont non saisonniers (71%) et présentent des opportunités réelles d’embauche.

Les cinq profils non saisonniers les plus recherchés concerne les aides à domicile et aides ménagères, les agents d’entretien de locaux, les aides-soignants, les apprentis et employés polyvalents de cuisine, les infirmiers, les cadres infirmiers et puéricultrices. Près de 58% des intentions de recrutement (117 700 postes) sont jugées difficiles par les employeurs, un niveau quasiment comparable à celui de 2022.

Parmi ces métiers en tension, les plus impactés sont ceux du bâtiment, des services à la personne, de la maintenance, de la santé et des transports. Comparativement, les chiffres nationaux indiquent une baisse des intentions d’embauche de 0,2% en 2023 et une très forte augmentation (+29,6%) par rapport à 2018.

Trois départements, le Bas-Rhin (46 950 projets), la Marne (33 769) et la Moselle (30 395) concentrent plus de la moitié des intentions d’embauche du Grand Est. La Marne présente la caractéristique atypique, compte tenu des besoins de sa viticulture, d’être le département cumulant le plus fort pourcentage de projets saisonniers (52%).

La part de projets non saisonniers est très variable d’un département à l’autre. Elle va de 48% dans la Marne à 81% en Moselle, en passant par les 72% des Ardennes, les 53% de l’Aube, département également impacté par les besoins saisonniers de la viticulture.

En ce qui concerne les bassins d’emploi du territoire de la Champagne-Ardenne, on note plus de 15 300 projets pour celui de Reims, 10 600 pour Troyes, 8 800 pour Epernay ou encore 4 400 pour le bassin de Châlons-en-Champagne. Les bassins de Vitry-le-François, Saint-Dizier et Chaumont comptabilise chacun plus de 2 000 projets d’embauche.

Près d’un projet sur deux vient des petits établissements

Près de 100 500 projets, 49,4% de l’ensemble, émanent d’établissements de moins de 10 salariés. Les établissements de 10 à 49 salariés déclarent 46 500 projets (23%). Au total, les établissements de moins de 50 salariés concentrent plus de sept intentions sur dix.

Selon les secteurs d’activité, les services pèsent 54% des projets, avec 34% pour les services aux particuliers et 20% pour ceux aux entreprises. 14,3% des projets viennent de l’agriculture et 11,4% de l’industrie, devant le commerce et la construction.

Les projets de recrutement diminuent dans tous les secteurs d’activité disposant du plus grand nombre d’offres que sont la santé humaine et l’action sociale, les activités scientifiques, techniques, l’administration et le soutien, ainsi que la construction.

Les secteurs proposant plus d’offres qu’en 2022 sont l’hébergement et la restauration, le transport et l’entreposage, l’agriculture, le commerce et la réparation automobile, la métallurgie et les produits métalliques ainsi que le matériel de transport.

Aux alentours de 58% en 2023 comme en 2022, les employeurs déclarent avoir du mal à recruter, contre 30% dans les années 2014 à 2016. Les difficultés perçues par les employeurs sont plus importantes dans les structures de moins de 50 salariés : 59% pour les moins de 10 salariés et 61% pour celles comprises entre 10 et 49 salariés.

Les secteurs les plus en tension sont la construction (78%), les services aux particuliers (60%), ceux aux entreprises (59%), l’industrie (55%), le commerce (52%) et l’agriculture (46%). Les difficultés reculent légèrement dans la construction, le commerce et les services. Elles sont stables dans l’industrie et en hausse de l’agriculture.

Les bassins d’emploi de la Champagne-Ardenne recensant le plus de difficultés d’embauche sont ceux de Sedan, Charleville-Mézières, Revin, Romilly-sur-Seine, Chaumont et Langres. Les bassins d’Epernay et de Châlons-en-Champagne étant ceux possédant le moins de difficultés. Ces bassins de Champagne-Ardenne sont ceux qui disposent des plus fortes proportions d’offres à caractère saisonnier du Grand Est, avec notamment les 76% du bassin d’Epernay ou les 79% du bassin de Bar-sur-Aube.