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Pratique sportive en entreprise, au service du collectif

Sport. Un Comité Départemental du Sport en Entreprise (CDSE) vient de se créer à Reims. Émanation de la Fédération Française du Sport en Entreprise (FFSE), il a pour objectif de développer les pratiques d’activités sportives au bénéfice de la santé et du mieux-être des salariés mais également celui de favoriser la performance collective de l’entreprise.

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Photo des fondateurs du Comité Départemental du Sport en Entreprise
Anthony BARNABE (CAPA) Giuseppina BASILE (Cabinet BASILE Avocat), Thibault DRIOUT (CAPA) Hervé COUTELAS, Tristan DEMERVAL (AQUACFIT), Alain SACY (Champagne Louis de Sacy), Franck DERVAUX (CDSE54) Au deuxième rang : Antoine MENET (Alta Conseil) Fabien VITRY (FV Pharma Consulting) Jean-Claude DIETRICH (CDSE67) Alain MAUBRUN (FFSE). (Crédit : DR)

Le bénéfice d’une pratique sportive sur la santé n’est plus à démontrer. Mais par manque de temps, de moyens et aussi de motivation, il n’est pas toujours évident de s’y mettre, a fortiori si l’on a un emploi du temps chargé. Or, depuis quelques années, les chefs d’entreprise se sont saisis de cette problématique, en organisant de temps à autre des challenges sportifs ou en mettant en place, au sein même de leur structure, des cours de sport. Pour autant, la pratique sportive dans le cadre de l’entreprise ne se fait pas en toute simplicité, elle engendre de nouveaux coûts et soulève aussi de nombreuses questions d’ordre légal.

C’est à ces problématiques que propose de répondre le Comité Départemental du Sport en Entreprise (CDSE) qui s’est créé à Reims, début janvier 2024, grâce à l’association de huit personnalités d’horizons différents [1]. « Nous sommes à la fois des chefs d’entreprise et des sportifs », fait savoir Giuseppina Basile, avocate au Barreau de Reims et co-fondatrice. « Nous avons donc cette double vision, complémentaire ». Elle explique ainsi que « plaquer le simple modèle de la performance pour justifier la mise en place d’une pratique sportive, comme cela se faisait dans les années 80 », ne marche plus.

Le sport, vecteur d’ascension professionnelle ?

La pratique sportive doit ainsi être appréhendée « comme une valeur intrinsèque de l’entreprise, en prenant en compte la santé, le bien-être, la sécurité et la qualité de vie des salariés ». Pour cela, le CDSE base son action sur trois axes définis. Le premier concerne la Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences (GPEC). « Nous considérons que le sport peut être un vecteur de développement professionnel. » En clair, un salarié qui s’implique au niveau sportif, dans la constitution d’activité ou dans celle d’une équipe se détachera grâce à un tempérament pro-actif. « Le sport va permettre d’être dans une dynamique de cohésion, de projets et cela peut clairement être un facteur de promotion. L’idée est de dire : on vous offre une opportunité que vous pouvez aussi transformer en quelque chose d’autre. »

Bien sûr, tout cela n’est possible que si l’entreprise est elle-même pro-active dans l’accompagnement de ses salariés avec une réelle politique de RSE. Mettre trois tapis de yoga dans une salle, sans surveillance, en laissant le salarié livré à lui-même est tout ce que le CDSE veut éviter, « même si c’est déjà un premier pas ». « La RSE ne doit pas être un concept creux. L’accompagnement doit se faire avec des coachs certifiés et de confiance. » Intégrer du sport en entreprise doit presque être réalisé « à la carte », selon la typologie d’activité des salariés, leur âge, leur situation familiale… La proposition d’intégrer des activités sportives ne sera pas la même dans une entreprise de BTP, de services ou en milieu industriel. Il faut qu’il y ait une cohérence entre la pratique sportive et la physionomie de l’entreprise.

« Un des grands enjeux de santé du siècle est celui de la sédentarité, avec l’apparition des troubles musculo-squelettiques (TMS). En avoir conscience et mettre en place des dispositifs pour y remédier est déjà une bonne pratique. » Le troisième axe développé est celui de la R&D. « Une entreprise qui ne se développe pas, est une entreprise qui est déjà en train de mourir », tranche Giuseppina Basile. « Il faut mobiliser les gens qui ont un état d’esprit tourné vers l’avenir, qui se projettent et qui en acceptent aussi les aléas. »

Un tournoi le 9 juin

Le Comité Départemental du Sport en Entreprise propose ainsi de mettre en place des « coaches » sensibilisés à des questions comme les TMS. « On peut aussi former un salarié qui sera le référent dans l’entreprise », détaille l’avocate spécialisée en droit social. L’association peut également mettre l’entreprise en relation avec un animateur de salle de sport qui viendra soit dispenser des cours dans les locaux soit au sein d’équipements publics. « Là où c’est intéressant de passer par la Fédération, c’est que nous proposons des adhésions qui donnent droit à l’obtention d’une licence annuelle de 10€ par personne. Et donc, pendant un an, vous pouvez multiplier les compétitions. » Cela peut être le cas avec la course à pieds qui trouve de plus en plus d’adeptes.

Et pour montrer son savoir-faire, le comité départemental organise, le 9 juin prochain, à la piscine des Thiolettes de Reims, un tournoi d’aqua-fitness où 5 équipes seront mobilisées. « Une du Centre d’Activité Physique Adaptée, une du Creps, une des Jeunes Sapeurs-Pompiers, une autre des étudiants de Neoma et une d’Aquacfit. Le but est de faire un relais pendant 5 heures. Ce tournoi sera accompagné de la tenue de stands par nos partenaires ainsi que d’une conférence-débat. Cet événement permettra de démontrer tout ce que l’on peut proposer en entreprise et de quelle manière », détaille Giuseppina Basile.

« Chacune des équipes portera un pilier de la bonne gouvernance : la GPEC, la RSE, la R&D, la QVT et la performance. » Les entreprises intéressées par la démarche et souhaitant intégrer une pratique sportive peuvent contacter l’association (cdse51reims@gmail.com) qui compte développer son écosystème.

[1Alain Sacy, Président de la Commission Sport au Medef Marne ; Hervé Coutelas, Président du Club d’Arts martiaux de Reims ; Floryan Courdent, champion de Canoë-kayak ; Anthony Barnabé, Co-gérant chez CAPA - au côté de Thibault Driout ; Fabien Vitry, créateur de la société FV Pharma Consulting, Tristan Demerval, ancien champion de France de Water-Polo et gérant fondateur de Aquacfit ainsi que Giuseppina Basile, avocate au barreau de Reims.