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130e année

Euro pointé

Benjamin Busson

Chaque chose en son temps. Il est des moments dans la vie politique où la parole doit être utilisée à bon escient, et ce davantage encore dans les moments les plus solennels. Dommage dans ces conditions que les prises de parole des parlementaires européens français d’opposition lors du lancement de la présidence française du Conseil de l’Union européenne aient tourné au spectacle. Invités à s’exprimer les Eurodéputés pouvaient partager leurs idées comme bon leur semblait.

C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’un tel exercice. Las, plutôt que de proposer et de mettre en garde Emmanuel Macron sur les enjeux de l’Europe et de leurs problématiques, ils se sont engouffrés dans la brèche pour exprimer leur opposition d’un point de vue national au Président français et non à celui du Conseil de l’UE. Si d’un point de vue médiatique le coup est réussi, les tirades les plus virulentes ayant été reprises sur les chaines d’infos, d’un point de vue politique la réussite est plus mitigée, comme l’a prouvé l’agacement de la présidente du Parlement européen, obligée de reprendre à l’ordre ses collègues.

Prise en otage d’une forme d’irrespect pour ses institutions, l’Europe n’est sans doute pas sortie grandie de cet exercice. Tout comme la France qui cultive une fois de plus son image de peuple indiscipliné cette fois par ceux qui sont censés représenter son élite. Désolant.

Benjamin Busson